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Le Texte coranique et sa traduction

Le Texte coranique et sa traduction

Par: Prof. Hedaya Machhour*

Le Qur’ân est le défi lancé aux contemporains du Prophète Mohamed ainsi qu’aux humains de tous les temps : « inventer » une sourate ou quelques ayas semblables à ceux de ce Texte révélé. Partant de cette idée, peut-on considérer la traduction comme essayant de relever ce défi… mais dans une langue autre que la langue arabe ? La multiplicité des traductions dans les différentes langues ainsi que les nombreuses retraductions témoignent d’une insatisfaction qui incite à de nouvelles tentatives.

Dans cette étude, nous nous proposons de passer en revue la tradition du traduire du Qur’ân en langue française ; nous allons nous attarder sur quelques aspects de grande importance ainsi que sur quelques traducteurs ayant un certain impact dans cette longue lignée. Malgré les nombreuses retraductions, nous allons remettre en question l’acte de traduire lui-même vu les difficultés inhérentes à ce Texte en nous attardant sur quelques-uns de ses traits spécifiques. En fin de compte, nous allons proposer trois tentatives qui ont présenté le Qur’ân d’une manière autre quitte à rendre tant soit peu sa spécificité.

Cette recherche s’articule en trois temps:

  • Etat des lieux pour cerner ce phénomène : ses débuts, les types de traducteurs, leurs motivations, etc.
  • Présentation de quelques caractéristiques du Qur’ân qui sont autant d’obstacles à la traduction. Celles-ci se situent à différents niveaux : formel, lexical, sémantique, onomastique et terminologique.
  • Trois tentatives novatrices donnant à voir le Texte coranique sous un nouveau jour : une traduction intégrant une double lecture, la traduction d’une seule sourate discutant 16 versions de traducteurs anciens et contemporains ainsi qu’un ouvrage étudiant la grammaire et le lexique du Qur’ân. Celui-ci peut être consulté comme un manuel de grande utilité permettant de mieux comprendre le Texte coranique.

Le Texte coranique est le miracle révélé au Prophète Mohamed pour tous les humains de tous les temps. Son message est censé leur parvenir à travers… la traduction[1]. Mais est-ce le moyen le plus fiable ? Face à ce dilemme, un débat a eu lieu entre les ulémas d’Al Azhar[2] au début du XXe siècle pour aboutir à une conclusion : il est impossible de traduire le Qur’ân car c’est un Texte inimitable mais plutôt traduire seulement une partie de ses sens. Suite à cette décision, les traducteurs musulmans – vers la moitié du XXe siècle – ont spécifié dans le titre ou dans le sous-titre la mention : « interprétation du sens… » Cette indication n’a modifié en rien la teneur de leur texte puisque nous n’avons, en fait, qu’une seule interprétation, nécessairement réductrice de la richesse rhétorique et sémantique du Qur’ân. 

D’après World bibliography of translations of the meanings of the Holy Qur’an[3], la tradition du traduire a commencé au XIIe siècle en langue latine avec Robert de Ketton (1143). Selon cette même source, le Qur’ân a été traduit en 65 langues avec 557 traductions complètes et 883 incomplètes jusqu’à l’année 1980.

Face à l’ampleur de ce phénomène, il ne s’agit plus de traduction – si ce n’est la toute première fois dans chaque langue – mais de « retraduction » définie ainsi par Antoine Berman[4] :

«La re-traduction, indépendamment de ses aspects structurels, est toujours et d’abord un mouvement historique.» (p. 129)

Cette citation insiste sur le fait que chaque traduction reflète une époque déterminée à travers sa mentalité et son idéologie ainsi que le bagage culturel et linguistique d’un traducteur. Par ailleurs, l’acte de retraduire révèle une certaine insatisfaction pour les traductions déjà effectuées, voilà pourquoi chaque nouvelle traduction essaye-t-elle de se situer par rapport aux précédentes pour s’en démarquer ou bien pour se réclamer de la lignée de l’une d’entre elles.

Etat des lieux

Quant à la langue française, la première traduction a été effectuée par  André du Ryer en 1647. La bibliographie, déjà citée, recense 15 traductions complètes et 14 incomplètes ; de 1980 à 1992[5], il y a eu 8 nouvelles traductions et 11 rééditions d’anciennes traductions, en plus de 2 sous presse. Depuis, sur une trentaine d’années, nous remarquons que le paysage culturel a changé avec l’avènement de l’informatique : en plus des traductions publiées, nous trouvons des sites concernant le Texte coranique sans auteur spécifié. La même chose se répète avec certaines maisons d’édition aux noms arabes tels « Tawbah », « Al Hidayah », etc. Par ailleurs, six nouvelles retraductions sont apparues[6] ainsi que plusieurs rééditions pour sept traducteurs[7]. Cette étude ne prétend point à l’exhaustivité : certaines de ces retraductions vont être mentionnées dans le contexte adéquat pour illustrer tel ou tel aspect étudié tandis que d’autres non pour des raisons diverses : non disponibles sur le marché, ordinaires sans apport véritable, etc.

Il y a là le témoignage flagrant que le Livre des musulmans a ‘subi’, ‘subit’ et va ‘subir’ cet « attentat » selon le terme adopté par Jacques Berque[8] pour qualifier son aventure de traduire le Texte coranique. Il faut souligner qu’il n’y a aucune autorité chargée de revoir, de corriger et de donner l’autorisation de publier une traduction du Qur’ân dans telle ou telle langue à l’instar de l’Alliance biblique universelle. Cette institution a pour rôle de poser les principes et la méthode pour traduire l’Ancien et le Nouveau Testaments tout en proposant des modèles à suivre ainsi qu’un guide à l’usage des traducteurs et des réviseurs[9]. Il faut néanmoins affirmer qu’Al Azhar se prononce sur les traductions qui lui sont soumises, pour donner son aval ou au contraire son refus, comme c’est le cas avec l’édition bilingue de Denise Masson[10].

Une autre institution égyptienne collabore activement dans ce domaine, c’est le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques. Celle-ci a publié en 2007 une exégèse sélective effectuée par deux éminentes académiciennes docteur Rokeya Gabr et docteur Achira Kamel[11]. Cet ouvrage se distingue par la traduction d’un commentaire simple et consensuel « Al Montakhab » et non du Texte coranique lui-même.

Il faut souligner un fait très important dans ces dernières décennies à savoir la fondation d’une nouvelle institution, le Complexe du roi Fahd en Arabie Saoudite – à Al Madinah Al Munnawara – consacrée uniquement à traduire le Qur’ân dans les diverses langues. La traduction française[12] est apparue au début des années 90 du siècle précédent, celle-ci était largement inspirée de celle de Muhammad Hamidullah. Les rééditions successives se sont poursuivies en remaniant sa traduction. 

Revenons à un détail mentionné ci-dessus concernant les traductions incomplètes. Pourquoi un traducteur agit-il de la sorte et comment s’opère son choix ? Les motivations peuvent varier mais l’une des raisons principales serait la longueur du Texte source nécessitant des années de travail intense. Nous trouvons cette initiative à différentes époques, prenons d’abord un exemple du début du XXe siècle, celui de Joseph-Charles Mardrus[13] avec un sous-titre éloquent : « Traduction littérale et complète des Sourates essentielles ». Quelles sont, selon lui, ces « sourates essentielles » ? Ce sont : la première sourate «الفاتحة», celles des deux derniers chapitres «الجزء 29 و الجزء 30», quelques-unes du chapitre 27 et à la fin la sourate 2 « سورة البقرة». Il se justifie au début :

«Dans notre présente traduction, nous avons tenu pour faciliter la compréhension du Livre, à donner aux Sourates un ordre qui nous a paru mieux répondre aux besoins du lecteur européen[14]. Et nous avons pris soin de ne publier ici que les sourates qui peuvent, sans lassitude, pour le lecteur, donner une idée complète du Koran. » (P.p. 16 et 17)

Pour mieux comprendre ce choix, il faut dire que cette traduction a été commanditée par deux ministères français car il y a en dessous du titre, cette précision : « Faite sur la demande des Ministères de l’Instruction Publique et des Affaires Etrangères ». Cet ouvrage est donc destiné à des fins pédagogiques et diplomatiques, y a-t-il là les raisons justifiant le choix de ces sourates en particulier d’autant plus que celles-ci varient entre plusieurs courtes et une très longue (avec la sourate 2) ?

Le second exemple est une traduction récente publiée en 2016, celle de Youssef Seddik Autre lecture, autre traduction.[15] Cet ouvrage se présente en fragments selon une lecture personnelle des thèmes du Texte coranique, il dit :

«Entre cette introduction et une postface qui donne à voir un thème coranique en une lecture résolument distanciée de la dogmatique exégétique, ce livre donne à lire la totalité du corps principal du Coran, dégagé d’abord et surtout du classement en sourates. Ce corps principal sera également délesté de tous les passages ou versets énonçant, parfois dans le détail, les prescriptions et règlements rituels. Nous avons enfin écarté de longs récits historiques de teneur biblique, quand ils ne sont pas ‘réécrits’ par la révélation coranique de manière à signaler un déplacement métaphorique dont nous soulignerons à chaque fois la signification et la portée.» (p.p. 11-12)

Malgré cette explication, le projet de Seddik reste difficile à aborder puisque il y n’a pas de repères si ce n’est la répartition en sept chapitres dont les titres sont les suivants : Le Livre des livres, L’Univers, Le Savoir, Le Divin, L’Opinion, L’Ethique / Le Salut et L’Humain. Nous ne pouvons que nous interroger sur « le corps principal » du Qur’ân d’autant plus la législation ainsi que les Récits des prophètes sont écartés.  

Il nous faut maintenant considérer les traducteurs eux-mêmes : depuis la moitié du XVIIe siècle avec Du Ryer jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle[16] avec Hamidullah[17] – la traduction du Qur’ân  était assumée par des Français dont la langue maternelle n’est pas l’arabe ainsi que par des non musulmans ne prenant pas en compte le caractère divin et sacré de ce Texte. Cette remarque est significative dans la mesure où la donne et les enjeux changent dans chaque cas de figure : quelles sont les différences qui pourraient distinguer les traductions effectuées par des francophones de celles effectuées par des arabophones ? De part et d’autre, nous décelons des points forts et des points faibles. Les francophones et surtout les Français ont été les premiers à traduire le Qur’ân et ce, depuis le XVIIe siècle. Ceux-ci se répartissent en quatre catégories :

  • Des diplomates ayant vécu dans des pays arabes leur permettant de maitriser tant soit peu la langue arabe – classique ou dialectale – comme Du Ryer, Savary et Kasimirski[18].
  • Des professeurs à l’université comme Blachère et Berque.
  • Des passionnés par l’Islam et l’Orient comme Mardrus, Denise Masson, Gloton et Penot.
  • Un cas à part avec André Chouraqui : né en Algérie mais originaire d’une famille juive d’Espagne, il fait ses études en France pour s’installer ensuite à Jérusalem pour occuper des postes divers. Sa traduction du Qur’ân[19] vient à la suite de celle de la Bible dans une tentative d’y retrouver l’étymologie hébraïque.

Quant aux traducteurs d’origine arabe, ils appartiennent tous à la région du Nord de l’Afrique : l’Egypte avec Zeinab Abdel Aziz, la Tunisie avec Sadok Mazigh et Youssef Seddik, l’Algérie avec Boubakeur Hamza et Malek Chebel et le Maroc avec Mohamed Chiadmi. Ils sont tous des enseignants dans des universités à l’exception de Mohamed Chiadmi qui enseigne dans des lycées au Maroc. Parfaitement bilingues, ils évoluent dans des contextes français. 

Quoique de parcours différents, tous ont assumé cette charge très lourde à savoir traduire un Texte de cette envergure de la langue arabe. Les traducteurs français traduisant vers leur langue maternelle, connaissaient peu ou prou la langue arabe et dans une moindre mesure la langue coranique. Ceux-là remplissent la condition imposée par de nombreuses associations de traducteurs – dont la Société française des traducteurs (SFT). Ces institutions exigent que la langue maternelle soit celle vers laquelle on traduit pour avoir une parfaite maitrise des subtilités de cette langue, la langue cible. Toutefois, une série de questions s’imposent ici : est-ce la seule garantie pour un travail de qualité ? Que dire des traducteurs du Nord de l’Afrique pour lesquels le français prime sur l’arabe ? Que dire d’un traducteur du Qur’ân, Hamidullah[20], dont la langue maternelle n’est ni l’arabe ni le français ? Le paramètre de la religion est-il décisif ou non ? Traduire ce Texte sacré nécessite-t-il une connaissance approfondie de la religion et de la culture islamiques ? Il est difficile de répondre à toutes ces questions dans le cadre restreint de cette étude mais nous allons parer au plus urgent.

Les traductions des Français ont un style plus ou moins fluide – à l’exception de Régis Blachère[21] – mais sont imprégnées de leur bagage culturel, établissant de façon systématique des comparaisons avec l’Ancien et le Nouveau Testaments. Il s’avère également que ceux-ci ont du mal à concevoir la logique et l’organisation du Texte coranique. En fait, tout est jugé – de façon consciente ou inconsciente – à l’aune de leurs connaissances religieuses et culturelles.

Il nous faut présenter la traduction de Régis Blachère[22] car c’est un cas unique[23] qui se déclare dès le sous-titre : «Traduction nouvelle selon un reclassement chronologique des sourates». Il faut tout d’abord dire qu’il y a deux éditions pour sa traduction:

  • La première en trois volumes : le premier est entièrement consacré à une introduction justifiant la démarche adoptée à savoir cet ordre établi prétendant suivre la révélation des sourates. Cette édition érudite n’a connu qu’un seul tirage.
  • La seconde en un seul volume – de dimension réduite – suit l’ordre traditionnel. C’est une édition de « vulgarisation » adressée au large public avec très peu de notes ; celle-ci a connu une très grande notoriété.

Ce reclassement tout à fait subjectif – critiqué en certains passages par Blachère lui-même – ne tient point compte des études des coranologues ; celui-ci se base sur le début des sourates seulement quoique la plupart d’entre elles insèrent des passages de périodes différentes. Ce projet qui se prétend « pionnier » s’institue en évènement dans la longue tradition de la traduction du Qur’ân mais en fait, Blachère reprend un schéma de sa propre culture, celui d’une étude philologique et critique comme celle suivie pour la Bible[24]. Si nous adoptons une perspective traductologique, il faut nous interroger sur les libertés prises par le traducteur[25] : a-t-il le droit de modifier le texte source ? De faire de son texte une critique ? De l’accompagner pas à pas d’un commentaire ? De mettre des intertitres comme autant de jalons pour orienter la lecture ? D’interpeller son lecteur pour lui signaler un passage ou une expression, qu’il juge ineptes, à travers un point d’interrogation ou un (sic) ?

Quant aux traducteurs musulmans, nous percevons de leur part des efforts pour rendre la langue arabe car celle-ci participe à la spécificité du Qur’ân. L’exemple le plus flagrant est celui de Zeinab Abdel Aziz[26] qui tente autant que faire se peut de mimer en langue française les structures grammaticales de la langue arabe au risque de dérouter son lecteur. Par contre, nous percevons une attitude contraire avec Sadok Mazigh[27], envouté par la langue française à tel point que la sémantique de son texte s’en ressent. Il y a, à travers ces deux traducteurs, deux attitudes extrêmes.

Quant à la pierre d’achoppement pour tous les traducteurs, c’est sans conteste l’inimitabilité du Texte coranique, son intraduisibilité à travers : la superposition des sens, sa rhétorique, sa concision, etc. Voilà quelques caractéristiques du Qur’ân nous permettant de mesurer les obstacles de sa traduction.

A) Les signes diacritiques : cet aspect formel renseigne sur la place et la fonction du mot dans la chaine syntagmatique – ou dit plus simplement, dans la phrase. Ceux-ci peuvent avoir une autre fonction à savoir distinguer entre deux sens totalement différents comme avec «فلَك / فُلك»  « globe / bateau ». Cette subtilité grammaticale peut induire en erreur de façon générale pendant la lecture ou à commettre des méprises en traduction.

Aya 6 de la sourate 5 présente une illustration de ce qui précède :

 {يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓاْ إِذَا قُمۡتُمۡ إِلَى ٱلصَّلَوٰةِ فَٱغۡسِلُواْ وُجُوهَكُمۡ وَأَيۡدِيَكُمۡ إِلَى ٱلۡمَرَافِقِ وَٱمۡسَحُواْ بِرُءُوسِكُمۡ وَأَرۡجُلَكُمۡ إِلَى ٱلۡكَعۡبَيۡنِۚ وَإِن كُنتُمۡ جُنُبٗا فَٱطَّهَّرُواْۚ وَإِن كُنتُم مَّرۡضَىٰٓ أَوۡ عَلَىٰ سَفَرٍ أَوۡ جَآءَ أَحَدٞ مِّنكُم مِّنَ ٱلۡغَآئِطِ أَوۡ لَٰمَسۡتُمُ ٱلنِّسَآءَ فَلَمۡ تَجِدُواْ مَآءٗ فَتَيَمَّمُواْ صَعِيدٗا طَيِّبٗا فَٱمۡسَحُواْ بِوُجُوهِكُمۡ وَأَيۡدِيكُم مِّنۡهُۚ مَا يُرِيدُ ٱللَّهُ لِيَجۡعَلَ عَلَيۡكُم مِّنۡ حَرَجٖ وَلَٰكِن يُرِيدُ لِيُطَهِّرَكُمۡ وَلِيُتِمَّ نِعۡمَتَهُۥ عَلَيۡكُمۡ لَعَلَّكُمۡ تَشۡكُرُونَ}

Nous trouvons au début de cet aya, les ablutions dans le détail et selon l’ordre à suivre : le visage, les bras, la tête et les pieds. Il y a néanmoins des indications à respecter : jusqu’aux coudes pour les bras et jusqu’aux chevilles pour les pieds ; il faut faire passer une main mouillée sur la tête.

Pour ne pas rompre la succession déjà indiquée, le mot «أرجلكم» observe les mêmes signes diacritiques que les deux mots « وجوهكم و أيديكم». Ceci n’a pas été perçu par certains traducteurs comme nous allons le voir avec Régis Blachère :

«O vous qui croyez ! quand vous vous disposez a la Prière, lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes ! passez-vous la main sur la tête et les pieds jusqu’aux chevilles !»

Avec Maurice Gloton[28] :

«O vous qui avez mis en œuvre le Dépôt confié, quand vous vous préparez pour l’action unifiante de grâce (la prière rituelle), alors, lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes et frottez-vous (avec l’eau) la tête et les pieds jusqu’aux chevilles !»

Passons à deux autres exemples où le traducteur a pris en considération ces signes. Avec A. Penot[29] :

«O vous qui croyez, lorsque vous vous levez pour faire la prière, lavez votre visage, vos mains ‘et vos avant-bras’ jusqu’aux coudes, frottez-vous la tête ‘de votre main humide’, ‘lavez-vous’ les pieds jusqu’aux chevilles[30]

Avec la traduction du Complexe du roi Fahd[31]:

«O vous qui croyez ! Pour vous préparer à l’accomplissement de la prière rituelle, lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes, essuyez la tête ‘avec la main’ et lavez vos pieds jusqu’aux chevilles.»

De part et d’autre, nous pouvons constater que le sens change selon que ces signes sont perçus ou non par les traducteurs.

B) Les hapax: ce sont les mots qui apparaissent une seule fois dans tout le Texte coranique. Voilà la définition que donne le Dictionnaire de linguistique[32]:

«On donne le nom d’hapax à une forme, un mot ou une expression dont on ne connait qu’un exemple dans un corpus défini.»

La présence de quelques hapax dans n’importe quel ouvrage témoigne de la maitrise de l’auteur et de son ingéniosité. Les exégètes[33] en ont recensé 1620 hapax dans le Qur’ân ! Ces mots à emploi unique jouent un rôle important à savoir attirer l’attention sur un terme-clé, une idée centrale ou un concept fondamental.  Ceux-ci se répartissent en deux catégories:

1. Hapax mais ayant des dérivés de la même racine comme «الحيوان من المصدر “ح ى ى”», « ذللناها من المصدر “ذ ل ل”» et « المضعفون من المصدر “ض ع ف”».  Considérons le premier terme cité plus haut: « الحيوان», c’est un mot de l’usage courant ayant pour signification « animal »[34]. Dans les deux langues arabe et française, ce terme renvoie en principe à tout ce qui est vivant. Par la suite, ce sens très large s’est limité pour ne désigner que les animaux : d’un sens large et valorisant à un autre restreint et dévalorisant. Dans le Texte coranique, cet hapax signifie la vraie vie ou l’essence même de la vie.  

2. Hapax sans dérivé comme «حصحص», «هدهد» et «مقمحون». Prenons comme exemple le dernier terme dont la racine est «قمح» «blé». Il y a là avec le terme «مقمحون»[35] une superposition de trois images : la première est suggérée par les épis de blé qui se dressent immobiles quand ceux-ci arrivent à maturité car chargés de graines. Durant cette phase, il faut éviter de leur donner de l’eau pour leur permettre de sécher avant la moisson. La deuxième image est celle des chameaux privés d’eau durant leur acheminement à travers le désert. Quant à la troisième, c’est celle des infidèles dont le cou est encerclé par des chaines les empêchant de le ployer. Nous parvenons, enfin, au commentaire de cet aya à savoir le fait qu’il est impossible aux mécréants de changer de position ou de se tourner vers ce qui pourrait les guider vers la foi[36].

{إِنَّا جَعَلۡنَا فِيٓ أَعۡنَٰقِهِمۡ أَغۡلَٰلٗا فَهِيَ إِلَى ٱلۡأَذۡقَانِ فَهُم مُّقۡمَحُونَ (8)}

 Nous trouvons avec Gloton deux traductions : la première dans son étude sur le Qur’ân et la seconde dans sa traduction.

Approche[37]: «Certes, à leur cou, Nous aurons mis des carcans jusqu’au menton: alors, ils seront humiliés la tête redressée.»

Le Coran : « Vraiment, Nous avons mis à leur cou des carcans jusqu’au menton: aussi, les voilà humiliés, tête redressée comme chameau assoiffé. »

Nous percevons une différence entre les deux versions à savoir le fait de revenir, dans la seconde version, à l’étymologie de ce terme à travers la comparaison.  

C) La quasi-synonymie: Dans le Texte coranique, il est presque impossible de trouver deux mots synonymes dont l’étendue sémantique est la même. Les mots ne sont point substituables même si ceux-ci sont des dérivés de la même racine. Nous avons un exemple-type avec ces trois substantifs : « أموات / ميتون / موتى»[38] ; il est difficile d’en saisir la différence sans prendre en considération le contexte où ceux-ci apparaissent.

Il s’agit ici de termes coraniques puisqu’en rapport étroit avec des concepts fondamentaux en Islam tels que la mort et la vie. Il est étonnant de voir que le Qur’ân considère les infidèles comme « morts » et les martyrs comme «vivants». Le terme «أموات» est accompagné cinq fois sur six par son antonyme «أحياء» formant un couple[39] qui présente une similitude phonique (même initiale, même nombre de lettres ainsi que la présence de la même lettre ‘الألف’ en quatrième position). Ce terme suggère qu’il n’y a pas de frontière étanche entre la vie et la mort puisque tout est relatif selon la croyance de chacun et selon la place qu’il va choisir.

Quant au terme «ميتون», celui-ci évoque une mort virtuelle quoiqu’imminente. Allah nous rappelle cette vérité incontournable pour tout être humain à savoir qu’il est mortel. Dans une phrase lapidaire sans verbe, cette évidence est énoncée avec à deux reprises, l’insistance avec « إن» ainsi qu’avec la répétition de ce terme : «إنك ميت و إنهم ميتون» (30, sourate 39) ; en voilà la traduction avec Gloton : « Vraiment, tu es mortel et vraiment, ils sont mortels ! ».

Le troisième terme « موتى» recouvre un autre champ sémantique puisqu’il s’agit de la mort et son rapport avec la résurrection. A chaque fois, celui-ci est accompagné d’un verbe ayant cette valeur «يحيى، يخرج و يبعث» « faire revivre, faire sortir ‘de terre’, ressusciter ». il y a là le pouvoir sans conteste d’Allah donné à voir dans une terre aride qui se couvre de la couleur verte. Cette allégorie est répétée à maintes reprises pour convaincre les mécréants du Jour Dernier où leurs actes seront jugés.

D) Les noms propres: L’onomastique dans le Qur’ân est une problématique à part entière puisque les noms propres trouvent un équivalent déjà reconnu en langue française. C’est le cas des noms des Prophètes ainsi que du titre du Livre des musulmans, ceux-ci ont – dans la plupart des cas – des connotations menant à  une déperdition dans leur passage à la langue française.

Prenons à titre d’exemple, le nom du prophète «يَحيى» «Jean » : ce nom propre est  en même temps le verbe au présent «فى المضارع», tous deux dérivés de la racine « ح ى ى» qui signifie « celui qui vit » pour le nom propre et « vivre » pour le verbe. Il est curieux de trouver un aya (7, sourate 19) concernant cette appellation intimée par Allah au père, le Prophète Zakaria. Quelle en est la raison ? A un âge avancé, Zakaria implorait Allah pour avoir un fils quoique sachant que son épouse est stérile. Allah a exaucé son vœu d’où la signification du nom choisi car cette naissance relève d’un miracle[40]. Il s’avère donc qu’il est impératif de rétablir la prononciation des noms propres car ceux-ci dérivent d’une racine porteuse de sens tout en expliquant en note sa valeur.

Cela est d’une importance capitale pour le nom du Prophète de l’Islam « Mohamed » ; ce nom est dérivé de la racine « ح م د» qui signifie « louer », translittération qu’il faut maintenir pour écarter – et faire oublier – celui de « Mahomet ». Ce choix tendancieux, qui remonte au Moyen-âge, tente de reproduire le schéma du christianisme – le Christ / les chrétiens[41] – en appelant les adeptes de l’Islam « les mahométans ».

E) Usage courant / termes coraniques[42]: Nous avons constaté que certains mots dans la langue arabe sont devenus des termes investis d’un sens spécifique tout en maintenant une relation avec le mot d’origine. C’est cette relation qui permet à tout un chacun de les comprendre aisément. Prenons comme exemple deux des composantes du Texte coranique à savoir « aya » et « sourate ».

a) Le terme «آية» « aya » est polysémique[43], celui-ci réunit trois sens qui s’enchevêtrent : signe de l’omnipotence d’Allah, miracle témoignant de la véridicité des prophètes et… la plus petite unité du Qur’ân. Cette dernière signification tire toute sa valeur des deux précédentes tout en instituant au terme coranique un statut à part. Le traduire par « verset » oriente le lecteur français et francophone vers deux fausses pistes : – la première, l’idée de la versification puisque « verset » et « vers » renvoient à la poésie ; – la seconde, le rapprochement avec les Ecritures saintes et surtout avec la Bible. Le Robert le définit ainsi :

«Chacun des petits paragraphes de quelques lignes, présentant généralement un sens complet, traditionnellement constitués pour diviser un texte sacré. Versets de la Bible, versets du Coran.»

Il s’avère que cette définition concerne essentiellement la constitution de la Bible et par extension le même terme a été employé pour le Texte coranique. Il y a là un « tabou verbal »[44], terme à éviter car ayant une résonnance particulière auprès des récepteurs puisqu’en rapport avec leur bagage culturel et religieux. Il y a un risque de confusion et surtout le risque de projeter les caractéristiques de la Bible sur le Texte coranique.

b) Le terme «سورة» « sourate » renvoie au sens figuré de la racine «س و ر». Le sens propre – concret – se trouve avec deux dérivés «سور» « mur ou rempart » et «أسورة» « bracelet » présents tous deux dans le Qur’ân. Nous percevons le rapport entre les deux sens propre et figuré : l’idée de l’enceinte et de l’élévation. Chaque sourate est une entité à part entière ayant ses caractéristiques propres [45]: thématique, rythmique, rhétorique, etc. Il y a la une incitation à une lecture active qui tenterait de reconnaitre les traits distinctifs de chaque sourate.

A travers ces deux exemples, nous pouvons saisir le passage d’un mot courant de la langue arabe à un terme dans le Qur’ân ; quoique nouveau, son sens est facile à assimiler par un lecteur averti.

Tentatives novatrices

Nous venons de voir quelques caractéristiques du Texte coranique, celles-ci se situent sur plusieurs plans : formel avec les signes diacritiques, lexical avec les hapax, sémantique avec la quasi-synonymie, onomastique avec les noms propres et terminologique avec les nouveaux termes. Mais comment faire passer tant soit peu ces particularités – ainsi que beaucoup d’autres – dans une traduction « linéaire » et figée supposée présenter un vis-à-vis du Texte source ? Les retraductions successives ne remédient pas à cette insuffisance. Par contre, nous trouvons quelques tentatives méritoires car celles-ci essayent de présenter le Texte coranique de façon originale.

1) Penot et sa traduction : Celle-ci adopte une mise en page inhabituelle puisque le commentaire – ou remarque, selon le titre qu’il adopte – est inséré entre la traduction des ayas en caractères plus petits en deux lignes ou en une vingtaine de lignes. Cet emplacement permet de l’intégrer dans – ou de l’écarter de – la lecture d’autant plus que cet ajout est précédé d’un titre en italique. En voilà quelques exemples :

  • « Selon une autre ‘grille de lecture’» ou « Autres traductions possibles » pour introduire une autre traduction selon une interprétation différente des exégètes. Dans ce cas, Penot met la plus agréée dans son texte et la seconde dans son commentaire.
  • « Précisons pour ceux qui ignoreraient tout des rites islamiques» à l’adresse des novices qui ne connaissent pas l’Islam. Il y a là le but de cette nouvelle traduction : Penot dit dans son introduction « il nous a semblé, quant à nous, qu’il n’existait aucune traduction qui s’adresse à un public peu au fait des bases les plus élémentaires de l’Islam. Rendre le Coran ‘accessible’ à tous sans jamais le trahir, tel a été notre but, (…) » (p. 10)

Cette typographie témoigne d’une éthique propre à Penot où le respect de l’Autre prédomine. Il essaye de jeter une lumière nouvelle sur le Texte coranique et sur cette religion longtemps présentés de façon injuste et tendancieuse.

2) André Miquel avec L’Evènement. Le Coran : sourate LVI[46]. Nous sommes face à un ouvrage très spécial puisque celui-ci est entièrement consacré à une seule sourate «الواقعة» de 96 ayas : chaque aya est écrit selon la transcription phonétique, suivi de seize versions de traducteurs anciens et contemporains, puis Miquel propose sa propre traduction. Ensuite, vient son commentaire qui s’étale sur plusieurs pages (d’une à 7 pages) ; c’est le lieu de la réflexion sur le titre de la sourate, sur l’étymologie d’un mot, sur la signification d’un Attribut divin, sur la juxtaposition de deux participes, sur une construction syntaxique, sur le commentaire d’un exégète, sur la superposition du sens d’un fragment, sur la rythmique, etc. C’est surtout le lieu d’une critique des retraductions et de la justification de la sienne.

Dans une brève conclusion intitulée « Pour finir ? », Miquel porte un jugement très lucide sur la langue coranique en disant:

« Mais l’arabe ? D’un côté, la poésie (…). De l’autre, la prose. Entre les deux, ou plutôt à part, au-dessus, la langue du Coran, seule de son genre et pour cause, puisque divine. Inimitable, plus exactement : réduisant à l’impuissance. S’essayer à la reproduire relèverait à la fois de l’échec assuré et du blasphème. Rimée ou assonancée, sans doute, mais librement, de toute la liberté de Dieu, comme on le disait en commençant. Scandée aussi, mais en vertu de sa propre logique, d’une logique d’un autre ordre, transcendante. » (p. 389)

La langue coranique et la richesse sémantique d’une seule sourate sont explorées dans cet ouvrage de presque 400 pages, mais est-il possible de procéder de la sorte avec tout le Texte coranique ? Cette production serait-elle « lisible » pour tout lecteur ou seulement pour un cercle restreint d’érudits ? Cette tentative reste néanmoins entière dans la mesure où celle-ci nous présente une alternative à la traduction conventionnelle.

3) Maurice Gloton avec un ouvrage[47] – totalement différent – portant sur le Texte coranique ayant pour titre Une approche du Coran par la grammaire et le 2500 versets traduits. Lexique coranique complet. Nous sommes face à une solution atypique à savoir le fait d’aborder le Qur’ân par le biais de ses composantes syntaxiques et lexicales. Dans un premier temps, il explique sa méthode en disant qu’il présente un manuel facile à consulter pour permettre au lecteur d’élaborer par lui-même sa propre conception du Texte coranique. La première partie expose les éléments fondamentaux de la grammaire arabe – morphologie et syntaxe – à travers des exemples tirés uniquement du Qur’ân. La seconde partie comporte toutes les racines coraniques – 1700 pour près de 5000 mots – avec des équivalents en français pour leurs sens divers, des exemples d’ayas traduits pour chacune, etc.

Cette étude approfondie a plusieurs avantages :

  • Montrer la richesse du lexique coranique, l’évolution des termes, leurs connotations, leurs dérivés, etc.
  • Faciliter la grammaire du Qur’ân pour trouver dans ce Texte la source de toutes les règles syntaxiques ainsi que l’illustration parfaite de celles-ci.
  • Ne pas fixer un sens unique et nécessairement fragmentaire d’un terme et par conséquent de tout l’aya.

Nous ne pouvons que saluer l’initiative de Maurice Gloton en appréciant à sa juste valeur tous les efforts fournis pour présenter un ouvrage aussi remarquable. Il faut dire que cet ouvrage possède un avantage important par rapport à sa traduction éditée 12 ans plus tard : c’est un espace illimité pour la réflexion sur l’étymologie, sur les structures syntaxiques, etc. tous ses aspects qui ne peuvent être développés dans une traduction.

Ces trois tentatives esquivent l’écueil le plus dangereux de toute traduction du Qur’ân à savoir la fixité du sens ainsi que sa limitation à un seul forcément réducteur. Il s’avère que la transmission des sens de ce Texte ne peut se faire qu’à travers un dispositif paratextuel : guide de lecture, mots-clés, commentaire inséré dans la page, etc. Celui-ci permettrait d’entrevoir les subtilités diverses du Texte coranique : sens multiples, connotations, jeu des pronoms, structure interne des sourates, etc. En fait, il faut tenter de remplacer la traduction par une métatraduction ; il y a là une sorte d’« éducation à l’étrangeté » prônée par Antoine Berman[48] pour ne pas sacrifier l’originalité et la logique du texte source sans aller à l’encontre de la langue cible. Le but ultime est le respect de l’Autre dans sa différence pour essayer de comprendre sa logique propre.

Cette traduction « idéale » est-elle réalisable ou faut-il se suffire d’initiatives innovantes comme celles présentées ci-dessus pour présenter comme il se doit le Qur’ân ?

Cette étude a soulevé un très grand nombre de questions, a répondu à quelques-unes d’entre elles et a incité à la réflexion pour d’autres quitte à les discuter dans une autre recherche… ou par un autre chercheur.

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* Professeur émérite à  la Faculté de Lettres. Université du Caire.

[1] Quant à l’Islam, celui-ci s’est propagé dès le début à travers le commerce et le pèlerinage ainsi qu’à travers les déplacements divers. Le dénominateur commun à tout ce qui précède est l’exemple donné par les actes des musulmans. Il faut dire que l’exhortation directe n’est qu’un moyen parmi d’autres et non le plus important.

[2] Voici quelques références – au titre révélateur – concernant ce débat :

الشيخ محمد سليمان: كتاب حدث الأحداث. الإقدام على ترجمة القرآن. المطبعة السلفية، القاهرة، 1355 هجرية.

أحمد إبراهيم مهنا: دراسة حول ترجمة القرآن الكريم. مطبعة الشعب، القاهرة، 1978.

محمد فريد وجدى: الأدلة العلمية على جواز ترجمة معاني القرآن إلى اللغات الأجنبية. مطبعة المعاهد الدينية، القاهرة، 1355 هجرية – 1936 ميلادية.

[3] Cette bibliographie se présente en trois volumes, donc en trois étapes : traductions publiées, traductions manuscrites et traductions orales. Le premier volume recense les traductions publiées de 1515 à 1980.

Istanbul, 1406 / 1986.

[4] (cf.) “La traduction ou l’auberge du lointain » (in) Les Tours de Babel. Essais sur la traduction. T.E.R., Mauzevin, 1985.

[5] C’est la date de notre thèse de doctorat intitulée : Etude comparée de trois traductions françaises d’un récit coranique : vie de Joseph. Université du Caire.

[6] Mohamed Chiadmi (1999), Zeinab Abdel Aziz (2002), Malek Chebel (2009), Maurice Gloton (2014), A. Penot (2005) et Youssef Seddik (2016).

[7] Mohamed Chiadmi (2001 jusqu’à une cinquième en 2013), Zeinab Abdel Aziz (2009), Savary (2015), Penot (2019), Boubakeur Hamza (2021) et Kasimirski (2024).

[8] Dans l’avant-propos (p. 12) de sa traduction : Le Coran. Essai de traduction. Albin Michel, Paris, 1995. (Première édition : Editions Sindbad, Paris, 1990)

[9] (cf.) Eugène Nida : Comment traduire la Bible. Alliance biblique universelle, U.S.A., 1967. (L’original anglais, seconde édition en 1961)

[10] Le Coran. Essai d’interprétation du Coran inimitable. Revue par docteur Sobhi El Saleh. Gallimard et Dar El Kitab El Lubnani, Beyrouth, 1980.

[11] L’Exégèse du Coran. Traduction française. Al Ahram, Egypte, 1428 de l’Hégire. Deuxième édition.

[12] Le Saint Coran et la traduction en langue française de ses versets. 1410 de l’Hégire (sans précision autre).

[13] Le Koran qui est la guidance et le différenciateur. Eugène Fasquelle, Paris, 1926.

[14] Cet argument est souvent évoqué par les traducteurs pour intervenir dans l’ordre des sourates, dans leur disposition interne ou dans le choix de quelques-unes comme dans ce cas.

[15] Editions de l’aube / éditions Barzakh, France, 2002.

[16] La bibliographie, déjà citée, recense plus d’une traduction effectuée par des musulmans avant cette date mais dont le sort est incertain, autrement dit, n’ayant pas laissé la moindre trace.

[17] Muhammad Hamidullah: Le Saint Coran. Club français du livre, Paris, 1959 pour la première édition. (Préface de Louis Massignon). Cette traduction a connu plusieurs rééditions monolingues et bilingues dans plusieurs maisons d’édition.

[18] Il est l’auteur d’un dictionnaire en deux volumes intitulé : Dictionnaire arabe – français contenant toutes les racines de la langue arabe, leurs dérivés, tant dans l’idiome vulgaire que l’idiome littéral ainsi que les dialectes d’Alger et de Maroc. Albouraq, Beyrouth-Liban, 1425-2004. (Première édition 1860 chez Maisonneuve et compagnie)

[19] Le Coran. L’Appel. Robert Laffont, Paris, 1990.

[20] Il est d’origine indienne. Une édition non datée de sa traduction a été publiée à Delhi.

[21] Il emploie des mots archaïques, des phrases agrammaticales, des expressions lourdes, etc.

[22] Le Coran. Traduction nouvelle selon un reclassement chronologique des sourates. (3 volumes) Maisonneuve, Paris, 1949- 1950- 1951.

Le Coran (Al Qor’ân ). Maisonneuve et Larose, Paris, 1980 (première édition, 1957).

[23] Il y a eu une autre traduction, des années plus tard, qui a suivi l’ordre de la révélation reconnue par Al Azhar, c’est celle de Sami Eldeeb : Le Coran. Texte arabe et traduction française par ordre chronologique selon l’Azhar. Editions de l’Aire, Vevey / Suisse, 2008.

[24] Ce sujet a fait l’objet d’une étude intitulée : «Le Qur’ân : le traduire chez Blachère» présentée dans un Colloque international « Evènement : représentations et enjeux ». Université du Caire, 17 et 18 avril 2018.

[25] Notre thèse de doctorat traite cette problématique dans le premier chapitre de la quatrième partie à travers les marques de l’énonciation. (cf.) Etude comparée de trois traductions françaises du Coran : vie de Joseph. Université du Caire, 1992.

[26] Le Qur’ân et la traduction en langue française du sens de ses versets. Association mondiale de l’Appel islamique, Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste, 2002.

[27] Avec deux éditions : Le Coran. Maison tunisienne de l’édition, Tunis, 1399 de l’Hégire.

Le Coran. Essai d’interprétation du Coran inimitable. Les éditions du Jaguar, Paris, 1985.

[28] Le Coran. Essai de traduction. Edition bilingue : Arabe – Français. Albouraq, Paris, 1435 – 2014.

[29] Le Coran. Alif Editions, Espagne, 2005.

[30] Les mots en italique renvoient aux ajouts, nécessaires selon le traducteur, pour permettre la compréhension.

[31] Le noble Coran et la traduction française de ses sens. Al-Madinah Al-Munawwarah – Royaume d’Arabie Saoudie, 1430 de l’Hégire.

[32] Larousse, Paris, 1989. (Edition originale, 1973)

[33] D’aucuns constatent que dans chaque sourate, il y a des mots qui ne sont employés que là, même dans les sourates les plus courtes (2 ou 3 lignes).

[34] Y a-t-il un traducteur téméraire pour employer ce terme correspondant exactement à celui de « حيوان» avec une explication en note ?

[35] (cf.) لسان العرب. دار الكتب العلمية، 1413 هجرية – 1993 ميلادية. تعريف “الإقماح”: ” رفع الرأس وغض البصر”. إبن منظور:

[36] (cf.) الفخر الرازى : التفسير الكبير. دار إحياء التراث العربى، بيروت، بدون تاريخ.

[37] (cf.) Une approche du Coran par la grammaire et le lexique. 2500 versets traduits. Lexique coranique complet. Albouraq, Paris, 1423- 2002.

[38] Cet aspect a été longuement étudié dans l’une de nos recherches. (cf.) « De la terminologie du Coran à une réflexion sur l’acte de traduire. L’exemple du couple mort / vie ». (in) Bulletin de la Faculté des Lettres. Supplément 2, janvier 2007. Université du Caire.

[39] Ce couple se présente sous une forme affirmative « أحياء وأموات» ou sous une forme négative «أموات غير أحياء » et «و ما يستوى الأحياء و لا الأموات».

[40] Il y a d’autres hypothèses pour cette appellation comme le fait que Yahia est mort en martyr, il a vécu dans une piété totale, etc. (cf.) تفسير الفخر الرازي : التفسير الكبير. دار إحياء التراث العربي، بيروت، طبعة ثالثة.

[41] Il faut dire que les chrétiens sont uniquement désignés dans le Qur‘ân  par «النصارى» « nazaréens » de la racine «ن ص ر» qui donne les dérivés  « نصر، نصرة» ayant pour sens «victoire, assistance ». Ce terme «نصارى» renvoie à un endroit portant le nom de « ناصرة بالشام» dans lequel Issa est né. (cf.) معحم ألفاظ القرآن الكريم. مجمع اللغة العربية. الهيئة المصرية العامة للنشر و التوزيع،القاهرة، 1390 هجرية – 1970 ميلادية.

[42] C’est le sujet de notre intervention « Terminologie coranique et stratégies de traduction » lors du Colloque international « Les traductions françaises du Coran et de ses exégèses » à la Sorbonne, 9 et 10 décembre 2016.

[43] (op.cit.) معجم ألفاظ القرآن الكريم

[44] (cf.) Taber et Nida : La traduction : théorie et méthode. Alliance biblique universelle, U.S.A., 1971. (p. 86)

[45] Entre autres caractéristiques : les Attributs divins. Ceux-ci peuvent être présents de façon abondante dans certaines comme la sourate 59 «سورة الحشر» et absents dans d’autres comme la sourate 109 «سورة الكافرون» ; un seul est présent tout le long de la sourate comme dans la sourate 19 « سورة مريم» avec l’Attribut divin «الرحمن», etc.

[46] Editions Odile Jacob, Paris, 1992.

[47] (op.cit.)

[48] Les Tours de Babel. Essais sur la traduction. (op.cit.)  (p. 86)

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