La «traduction» du Qur’ân chez Blachère*
Par: Prof. Hédaya Machhour**
Au XXe siècle, Régis Blachère s’impose comme un arabisant ayant traduit le Texte coranique. Sa traduction a fait date dans la longue tradition des traductions françaises car celle-ci, pour la première fois, est présentée selon un reclassement « chronologique » des sourates. Plus ou moins subjective, cette tentative s’inscrit dans le cadre d’un projet philologique du Texte coranique s’inspirant en quelque sorte des études du Texte biblique.
Dans le premier volet de cette étude, nous présentons l’approche de Blachère selon son Introduction constituant le premier tome de sa traduction. Puis, nous discutons l’idée même du rétablissement de la chronologie du Texte coranique selon plusieurs perspectives.
Dans le second volet, nous comparons cette première édition à la seconde parue dix ans plus tard pour repérer les différences, pour la plupart concernant le paratexte. La sourate Al-Baqara va nous permettre de confronter ces deux éditions afin de dégager la spécificité du Reclassement ainsi que les raisons de sa notoriété malgré un tirage unique.
Mots-clés : Reclassement chronologique- repères historiques- biographie du Prophète- tendance positiviste- lieux paratextuels-
Cette étude prétend examiner de près la traduction du Qur’ân[1] de Régis Blachère dans sa première édition[2]. Celle-ci a pour sous-titre « Traduction nouvelle selon un reclassement chronologique des sourates »[3]. Il y a là une nouvelle tentative, sorte d’événement, dans la longue tradition pour traduire le Qur’ân en langue française, laquelle tradition s’étend sur plusieurs siècles de 1647[4] à 2014[5]. Il faut préciser dès le départ que l’ordre suivi dans le Mushâf a été révélé au Prophète tout comme le Texte coranique lui-même. Al Zarkachi[6] dit à ce propos :
« L’ordre des sourates de cette manière est d’Allah et c’est le même que dans la tablette bien gardée. C’est selon cet ordre que le Prophète lisait, chaque année, à l’ange Gabriel ce qu’il en réunissait ; il le fit à deux reprises l’année de sa mort. »[7]
Il nous faut là présenter deux témoignages concernant la traduction de Blachère. Le premier est celui de Denise Masson, traductrice également du Qur’ân qui s’est inspirée de sa traduction. Elle dit au tout début dans une page – sans titre – précédant le « système de transcription » et une « note clé » avant sa traduction[8] :
« Il (l’auteur de la présente traduction) tient à rendre hommage aux travaux de ses prédécesseurs : à la traduction savante de R. Blachère (…). » (p. XCII)
Il va sans dire que Masson veut désigner par « savante » la première édition de Blachère comme elle l’explicite dans son « aperçu bibliographique ». Après la référence complète de cette édition, elle ajoute entre parenthèses : Les Sourates sont classées par ordre chronologique. Après la seconde édition, elle dit : Les Sourates sont classées dans l’ordre traditionnel.
Le second témoignage est celui d’une étude en langue arabe consacrée à Blachère intitulée : Traduction du texte ancien arabe et son interprétation. Chez Régis Blachère.[9] Dans le premier chapitre portant le titre « Traduction du Qur’ân », Horreya Elkhemlichy dit :
« De 1947 à 1951[10], est parue la traduction du Qur’ân de Régis Blachère en trois volumes sous le titre « Le Coran ». C’est une traduction spéciale dans la mesure où elle constitue une école en soi. Selon Gamal Eldin Bencheikh, Blachère préfère l’organisation fonctionnelle à la construction du sens. »[11] (p. 55)
Nous trouvons là la priorité de Blachère à savoir l’ordre de la Révélation aux dépens de la logique intrinsèque du Texte à traduire.
Étapes de cette étude :
Dans un premier temps, cette étude veut explorer cette approche selon la perspective de Blachère, longuement développée dans le premier tome du Reclassement en 273 pages. Il nous faut également discuter l’idée du reclassement des sourates sous d’autres angles (musulmane, occidentale) pour réfléchir sur sa validité puisque Blachère lui-même « critique » sa propre méthode et ce, à plusieurs reprises dans son discours inaugural.
Dans un second temps, nous allons comparer les deux éditions de la traduction de Blachère pour repérer les lieux de singularité de la première édition. Moins de dix ans les séparent ainsi qu’un grand nombre de variantes indiquant deux perspectives foncièrement différentes aboutissant à deux projets ayant chacun ses caractéristiques propres.
Ordre chronologique et traduction du Qur’ân :
Pour trouver l’origine de cette « tradition », il faut remonter au XIXème siècle avec la tendance positiviste et scientifique[12] qui traverse toute l’Europe. Celle-ci s’attaque aux Textes sacrés dont le Qur‘ân avec l’un des premiers ouvrages celui de Nöldeke en 1860. Il faut souligner l’importance de la biographie du Prophète pour retrouver « l’ordre » des sourates, d’où la présence de celle-ci au début de plusieurs traductions du Texte coranique.
Il y a là la raison essentielle, selon Blachère, pour une énième traduction du Qur’ân puisqu’il commence dans son Avant-propos à critiquer toutes les traductions ultérieures surtout celles effectuées en langue française (Du Ryer, Savary, Kasimirski, Montet, etc.). Après les avoir passées en revue, il aboutit à cette constatation :
« Au fond depuis Savary, chaque traducteur, chez nous, donne l’impression de se borner à retoucher, améliorer, compléter dans le détail le travail de son prédécesseur français, d’où un piétinement dont les causes sont multiples. Trop souvent nos traductions ne font pas état des contributions fournies par la philologie étrangère. Surtout, semble t-il, on ne s’avise pas assez des devoirs incombant à celui qui, follement téméraire, entreprend d’offrir à un lecteur non arabisant une version totalement compréhensible[13] de la révélation coranique. » (p. XIX)
Cette « témérité » revient en partie aux différents types de lecteurs du Texte coranique en traduction « dérouté par l’allure chaotique d’une révélation » qui se présente, selon Blachère, selon un ordre décroissant du plus long au plus court si on exclut la toute première sourate. La liste est longue : « un esprit rompu à la recherche scientifique, philologue, folkloriste, non-arabisant, islamisant ». Pour Blachère, il faut « mettre sous leurs yeux (ceux des lecteurs) le Livre qui est un des principes de l’Islam, non sous sa forme traditionnelle qui est rebutante pour un esprit occidental, mais selon une exposition plus conforme à notre goût de la clarté. » (p. XXXVIII)
Quels sont les critères suivis par Blachère pour son reclassement? Il commence par expliquer que cet ordre ne concerne que le début des sourates puisque nous pouvons retrouver des fragments antérieurs ou ultérieurs au sein de certaines d’entre elles. Il les classe en quatre périodes, trois à La Mecque et une à Médine. Les indications pour préciser la période de chaque sourate sont :
– des repères historiques que ce soit des situations vécues par le Prophète ou des événements pouvant être situés dans le temps.
– des « dominantes » du Texte coranique comme le style, la langue, les thèmes, certains clichés, la longueur des ayas ainsi que l’allure du discours.
Blachère reconnaît qu’il y a dans cette méthode « une part de subjectivité » non négligeable d’où son recours à Nöldeke pour retrouver ces repères dans le Texte coranique lui-même. Par contre, il réfute celle suivie jusque-là par les orientalistes puisque basée essentiellement sur la biographie du Prophète : l’école anglaise (Muir et Sprenger) et l’école allemande (Weil).
Il faut dire qu’il y a presque autant de reclassements des sourates que de tentatives. Il suffit de voir la liste établie par Sami Aldeeb[14] pour aboutir à cette conclusion. Il compare l’ordre chronologique présenté par l’Azhar, Nöldeke et Blachère en regard de celui du Mushâf. Nous pouvons avancer plusieurs constatations :
– Il y a une différence très grande entre l’ordre établi par l’Azhar et celui des deux orientalistes. Par exemple, la sourate la Fatihâ, classée numéro 5 par l’Azhar se trouve 48 chez Nöldeke et 46 chez Blachère.
– Si l’écart est faible entre les deux orientalistes au début, celui-ci va en s’agrandissant vers les sourates finales ; par exemple, la sourate al Calame (68 dans le Mushâf et classée deuxième par l’Azhar) est numéro 18 chez Nöldeke et 51 chez Blachère.
Nous pouvons déjà déduire qu’il n’y a pas de concordance entre les résultats de Nöldeke et ceux de Blachère quoique la démarche soit censée être la même.
Ordre chronologique du Qur’ân selon la perspective musulmane :
A ce point de notre étude, il faut dire que cet aspect du Texte coranique a bénéficié d’une attention considérable de la part des musulmans. Il y a deux sciences en coranologie entièrement consacrées à la chronologie des sourates et des ayas, ce sont : les raisons (ou les circonstances) de la descente ainsi que l’abrogeant et l’abrogé.[15] Celles-ci restituent tout ce qui concerne la révélation des ayas : de nuit ou de jour, en été ou en hiver, à la Mecque ou à Médine, relatif à un individu ou à un groupe, fragmenté ou rassemblé, etc.[16] Les coranologues distinguent également entre ce qui a été révélé avant ou après l’hégire puisque des ayas ont été révélés avant l’hégire mais pas nécessairement à la Mecque et inversement. Ces deux sciences constituent la base de la législation et de la jurisprudence islamiques. Pour cette raison, les musulmans leur ont accordé une très grande attention ainsi qu’une minutie sans bornes. Il faut souligner que dans le Mushâf[17], il y a au début de chaque sourate une indication du lieu de sa Révélation (à la Mecque ou à Médine) avec une précision supplémentaire au cas où quelques ayât font exception.
Cette revendication[18] – celle de retrouver l’ordre initial de la Révélation – a fait l’objet de l’attention des études de coranologie pour répondre aux orientalistes[19] voire à quelques voix musulmanes. Il y a, à ce propos, un cas très représentatif que nous allons reproduire ici. Dans une étude de 14 pages, Mohamed Abdallah Draz répond à une demande semblable, par ordre de cheikh Al Azhar, sous le titre de : « La critique technique du projet du reclassement du saint Qur’ân selon sa descente. Rapport présenté à la direction de la mosquée d’Al Azhar »[20]. Cette étude a été publiée – pour la première fois – dans la Revue d’Al Azhar en 1950 (1370 de l’hégire)[21].
Les arguments présentés par Draz sont tout à fait valables pour Blachère si nous mettons de côté l’aspect traductologique de son projet[22]. Le premier concerne la structure du Texte coranique, il y a, selon lui, deux statuts différents pour la Révélation et pour l’organisation finale : d’un côté, le pas à pas pour accompagner les exigences ponctuelles de la prédication et d’un autre côté, le parachèvement d’un Texte dans sa cohérence propre, destiné à l’éternité. Draz donne en exemple un homme qui veut bâtir une maison et pour cela, il se procure différents matériaux selon un ordre aléatoire (coût, disponibilité, etc.) puis la construction du bâtiment conformément à un plan architectural. Il faut donc distinguer entre les conditions du temps – étape première – et celles de l’état final – étape ultime – pour les différents fragments du Texte coranique.
Le second argument est la nécessité de pénétrer le Texte coranique à travers sa logique intrinsèque[23] : la Fatiha au début pour l’introduire, la seconde sourate qui réglemente dans ses grandes lignes la société musulmane, etc. Les sourates de la fin viennent clore, en toute logique, le Texte coranique. Blachère admet cette éventualité en disant :
« Gardons-nous cependant (…), d’une confiance trop grande en notre méthode critique. Dans nombreux passages où les idées nous semblent mal liées, il peut fort bien ne s’agir que d’un mode d’exposition indifférent à notre logique moderne et occidentale. Sans doute enfin, est-ce préjuger de notre connaissance de la langue coranique que de nous croire toujours capables de distinguer, au simple aspect du vocabulaire et du style, les passages d’époques différentes confondus dans une même sourate ou un même verset. » (p. 192)
A la fin de son Introduction, voilà que Blachère reconnaît une autre logique, celle du Qur’ân, différente de celle adoptée – moderne et occidentale -. Il dit :
« Dans bien des cas, le texte coranique fait croire à des remaniements, simplement parce que les idées s’y présentent avec une logique qui n’est pas la nôtre, ou selon un enchaînement plus subtil que celui du pur bon sens, ou en vertu d’une force interne qui tient au verbe lui-même et non à l’idée exprimée.[24] » (p. 260)
Draz a également recours à une comparaison tirée – cette fois-ci – du domaine médical : pour observer les différents organes du corps, il faut passer par l’étude de l’anatomie avant de se demander le pourquoi de l’emplacement de chaque organe dans le corps humain. Il faut donc « disséquer » et comprendre chaque sourate dans : ses rouages intimes, les articulations permettant de passer d’une sourate à une autre, le rapport entre la fin d’une sourate et le début de la suivante, etc. pour saisir la sagesse et la logique de l’ordre révélé des sourates dans le Texte coranique.
Par ailleurs, le premier critère de la méthode de Blachère mérite d’être discuté à savoir le recours à la biographie du Prophète pour « dater » les sourates. Il dit :
« On est dans un cercle vicieux. On part du Coran pour établir une « vie » du Prophète et on utilise à son tour celle-ci pour définir la chronologie du Coran. » (p. 246)
Il faut ajouter que le premier commentateur (précédant trois autres)[25] auquel se réfère Blachère est Al Tabari qualifié, par lui, de « compilateur » et de « guide suspect ». Il y a donc un doute qui plane sur le commentaire utilisé comme référence principale. Cette attitude paradoxale ne peut que nous laisser perplexe quant à la méthode suivie par Al Tabari. Gawad Ali, dans une étude intitulée « Sources historiographiques de Tabari »[26], énumère les caractéristiques de son œuvre. Il dit :
– c’est une histoire « cumulative » non pas « sélective » puisque regroupant différentes versions d’un même événement sans le moindre commentaire ou la moindre critique.
– le peu d’attention accordée à la source où il puise l’information, d’où les « israélites » sans nombre qui se trouvent dans ses ouvrages.
– l’imprécision des références auxquelles il a eu recours.
– l’interférence des sources orales.
De tout cela, il s’avère que Tabari est peu crédible puisque son exégèse manque d’authenticité. C’est un collectionneur rassemblant des propos sans discernement car il ne tranche pas, après un examen minutieux, entre les diverses versions des faits relatés.
Dans son article « Le problème de la chronologie du Coran »[27], Gabriel Reynolds critique cette attitude de reclasser les sourates coraniques car inspirée des études psalmiques. Dans ce sens, il faut dire que le Qur’ân est constamment abordé en fonction de méthodes bibliques quitte à projeter sur ce Texte des idées et des « impressions » sans nul rapport entre Textes biblique et coranique. Il faut dire que l’écart temporel, spatial, linguistique, mental, etc. ne sont point pris en considération, d’où inévitablement l’aboutissement à des conclusions erronées. Blachère dit à la fin de son introduction :
« Ainsi, après treize siècles, en s’inspirant de la méthode précisée par Nöldeke et Schwally, on aboutit à un reclassement des textes coraniques qui, sans prétendre suivre l’introuvable chronologie, cadre dans ses lignes générales avec la prédication de Mahomet et ce que nous savons d’autres expériences religieuses de même nature. »[28] (p. 263)
A un autre endroit de son texte, il cite ces « expériences religieuses » tout en soulignant les différences avec celle du Prophète. Il réfute du même geste jusqu’à l’idée de cette comparaison. Il dit :
« Gardons-nous sans doute de pousser la comparaison entre l’expérience religieuse de Mahomet et celle d’une Thérèse d’Avila ou d’un François d’Assise. Jamais, en particulier, le Prophète des Arabes ne paraît avoir dirigé sa pensée dans le sens mystique. Partout, dans le Coran, on retrouve au contraire la distinction absolue entre l’Humain et le Divin. » (p. 258)
Nous pouvons donc affirmer que Blachère – comme tout traducteur du Texte coranique – ne peut envisager son travail que selon une perspective toute personnelle à savoir celle de son expérience religieuse et culturelle.
Confrontation entre les deux éditions de Blachère :
Dans le second volet de cette étude, nous allons nous pencher sur les deux éditions[29] de la traduction de Blachère pour dégager les caractéristiques du Reclassement. La première différence concerne l’ordre des sourates puisque dans la seconde édition[30] al-Qor’ân, l’ordre suivi est celui révélé du Mushâf. Il y a là un indice très important qui relie le projet de reclasser les sourates chez Blachère à l’édition érudite.
Si la traduction des versets est la même dans les deux éditions, nous remarquons un changement total en ce qui concerne les éléments paratextuels dans les deux éditions : sous-titres, introduction, notes, système de transcription (ou translittération) des mots arabes, liste des ouvrages cités en référence, en-tête précédant les sourates. Il faut également souligner la présence d’un « Avertissement » expressément écrit – puisque daté – pour la seconde édition. Nous allons étudier ces éléments du paratexte pour repérer, à travers les différences, les caractéristiques inhérentes au Reclassement. A chaque fois qu’il est nécessaire, nous allons nous référer à la sourate Al-Baqara pour souligner les changements entre les deux éditions.
Sous-titre(s) :[31]
Il s’agit du titre de la traduction et par extension celui des sourates car il y a une systématique adoptée par Blachère. Le titre des deux éditions est le même « Le Coran » et c’est le sous-titre qui change. Dans le Reclassement, c’est « Traduction nouvelle selon un reclassement chronologique des sourates » et dans al-Qor’ân, c’est justement cette transcription entre parenthèses qui veut mimer la prononciation arabe. Dans la première édition, le sous-titre est tout à fait justifié puisqu’il annonce d’ores et déjà, le projet de Blachère. Quant au sous-titre de la seconde édition, il révèle une intention qui se confirme avec les sous-titres de toutes les sourates à savoir le fait de rendre l’aspect phonétique, la prononciation, de certains mots. Nous retrouvons après le titre traduit des sourates la prononciation du mot arabe entre parenthèses. A titre d’exemple, « La Liminaire. (Al[32]-Fâtiha) », « La Génisse. (Al-Baqara) ».
Avant-propos et Avertissement :
Ces deux éléments du paratexte viennent au tout début de chacune des deux éditions pour jouer le même rôle à savoir présenter de manière « brève » les grandes lignes de la traduction.
Dans le Reclassement, Blachère expose dans son Avant-propos certains sujets sur 32 pages. Ce sont :
– panorama et bilan des traductions précédentes.
– quels lecteurs pour les traductions du Qur’ân.
– raisons de l’absence d’une biographie du Prophète.
– les différentes parties de son travail.
– statut particulier de sa traduction.
Dans al-Qor’ân, son Avertissement se termine par cette précision « Paris, juin 1956 » (la première édition de la traduction de Blachère est parue en 1957). Il dit en deux pages l’essentiel sur sa traduction pour l’introduire auprès de son lecteur. Nous trouvons :
– l’édition adoptée du Mushaf.
– double numérotation des versets.
– réduction des notes pour ne garder que l’indispensable.
– explication concernant la présentation typographique de la traduction.
– remerciement et allusion à la première édition, base de celle-ci.
Introduction :
Ce paratexte conserve la même appellation mais il y a un très grand écart entre l’introduction des deux éditions quant à leur nombre de pages (263 à 12 pages), quant à leur rôle et quant aux thèmes abordés. Nous avons déjà constaté que l’Introduction du Reclassement est le lieu où il développe les raisons et la logique de sa méthode d’où son importance et sa longueur. Dans al-Qor’ân, la méthode n’étant plus la même, il est donc naturel que sa substance change complètement. Blachère commence par dire que sa traduction n’est pas précédée par une biographie du Prophète sans en préciser la raison. Dans le second paragraphe, il dit : « Le Livre Sacré de l’Islam nommé al-Qor’ân (dont nous avons fait Coran) (…).» Nous trouvons là une sorte d’explication pour l’adoption de cette « graphie » dans le sous-titre de cette édition : Blachère veut rétablir la prononciation du titre du Livre sacré des musulmans ainsi que de certains termes (les titres des sourates) en rapport avec celui-ci. Puis, il passe au sujet qui va occuper le reste de son introduction à savoir celui de l’ordre des sourates. Pour cela, il fait la synthèse de sa démarche. Il explique que, selon lui, l’ordre révélé des sourates va à l’encontre de la chronologie de ce Texte, d’où la nécessité de reclasser les sourates.
Système d’écriture des mots arabes :
Il faut souligner la différence du titre de cet élément paratextuel : de « transcription » dans le Reclassement, on passe à « translittération » dans al-Qor’ân. Il est vrai que ces deux termes sont des quasi-synonymes mais une différence subsiste : « transcription » est plus scientifique puisque c’est celui qui accompagne l’adjectif « phonétique » correspondant à un alphabet communément adopté, international. On retrouve donc dans le premier choix un souci de précision et d’érudition.
Dans les deux éditions, nous retrouvons la même répartition : noms géographiques, noms propres ou noms communs, mots arabes en italique dans le texte puis un tableau des différents sons. La seule différence réside dans la présentation puisque dans la seconde édition, al-Qor’ân, il y a une numérotation – absente dans le Reclassement – permettant de guider le lecteur pas à pas.
De cette rubrique, quelques éléments disparaissent dans la seconde édition. Ce sont : une liste des abréviations employées, une précision concernant les références coraniques quant au numéro des versets selon la recension de l’édition du Caire et selon celle de Flügel puis une dernière précision concernant les dates selon un double calendrier (hégirien et chrétien).
Ouvrages de référence :
Dans le Reclassement, il y a au début, des précisions concernant : la graphie des noms propres arabes, les ouvrages à plusieurs volumes, les ouvrages cités une seule fois ne figurant pas dans cette liste mais seulement dans le texte, le nom de l’éditeur n’est fourni que dans le cas des éditions critiques, etc. Nous remarquons que ces précisions sont des détails utiles pour un lecteur érudit voulant consulter l’un ou l’autre de ces ouvrages.
Cette remarque se trouve étayée par la longueur de cette liste qui s’étale sur 16 pages et demie dans le Reclassement pour n’occuper qu’une page et demie (petit format) dans al-Qor’ân. Qu’est-ce qui mérite selon Blachère et (ou) son éditeur d’être conservé dans la seconde édition ? Vingt références seulement et ce sont celles de quelques ouvrages de base comme : Flügel, Tabari, Barth, Sidersky, etc. Par contre, il est curieux de trouver deux références seulement dans al-Qor’ân, ce sont : Introduction au Coran de Blachère et la traduction de Louis Segond pour les citations de l’Ancien et du Nouveau Testament. Cet ouvrage de Blachère est signalé dans l’Introduction de la seconde édition pour y puiser des références sur la biographie du Prophète, délibérément omise avant la traduction.
En-tête des sourates :
Dans sa traduction, Blachère présente un texte de longueur variable donnant quelques renseignements au début de chaque sourate. Il faut commencer par dire que la sourate Al-Baqara, corpus de notre étude, figure dans le troisième volume comme étant la sourate 93 dans la traduction de Blachère. Celle-ci est classée numéro deux dans le Mushâf, après Al Fatihâ.
Dans ce cas, cet en-tête est de deux pages dans le Reclassement et de 6 lignes dans al-Qor’ân. Dans la première édition, la première page et une partie de la seconde sont consacrées à une liste de références sous l’intitulé « Bibliographie ». Qu’est-ce qui reste dans la seconde édition ? Une indication concernant le titre de la sourate, sa longueur qui lui vaut d’après Blachère une position au début, révélée à Médine malgré quelques avis contraires selon lui.
Les Notes :
Pour la sourate Al-Baqara, nous trouvons sur 286 ayât, 170 commentées dans la première édition (59,5 %) et 88 seulement dans la seconde (30,7 %). Dans le Reclassement, les notes vont d’une ligne à 42 comme pour l’aya 96 (six lignes seulement dans al-Qor’ân). Il faut dire que les notes de la seconde édition sont réduites à l’extrême pour ne conserver que celles « textuelles ». D’autres donnent des détails sur un épisode concernant les juifs, sur une précision concernant le sens d’un mot, sur le choix d’un mot ou d’une expression, sur la législation d’un rite, sur un rapprochement à faire avec les Écritures anciennes, etc.
Pour récapituler, nous pouvons dire que chacune des deux éditions « fonctionne » selon un code qui lui est particulier :
– la première, avec le reclassement des sourates, se veut érudite d’où la longue introduction, les notes fournies et les nombreuses références.
– la seconde se veut plus accessible à un large public d’où la réduction des notes et des références ainsi que la transcription phonétique dans les sous-titres.
A ce propos, nous trouvons une explication très intéressante – ce n’est pas la seule plausible comme nous allons le voir plus loin – du passage de l’une à l’autre édition présentée par Maxime Rodinson[33]. Il le fait à travers le rapprochement avec l’expérience religieuse des chrétiens :
« M. R. Blachère et ses éditeurs ont voulu remédier à ces inconvénients.[34] Ils ont voulu donner au public une édition pratique dans la forme de la traduction déjà publiée, en lui donnant l’aspect à la fois élégant et commode que nous sommes habitués à trouver à nos Bibles. Ceci n’est pas en soi sans signification. Il y a dans nos consciences un pattern de présentation des livres sacrés. De même, en Orient, les Évangiles ont vu, en manuscrit et en imprimé, à l’occasion leur présentation modelée sur celle du Coran. Le nouveau Coran de M. Blachère ressemble d’ailleurs à une belle édition de la Bible. (…) une réussite remarquable. C’est un petit livre agréable à posséder. » (p. 99)
Conclusion :
Nous avons pu constater que le projet de Blachère, le Reclassement, s’est institué en une étude philologique et critique du Texte coranique selon les normes occidentales suivies dans le cas de la Bible. Si nous ne pouvons pas accéder aux « échos » provoqués lors de sa publication, nous pouvons ressentir fortement l’impact indéniable de cette édition sur les traductions ultérieures du Qur’ân. Chacune d’entre elles se mesure « à l’aune » de celle-ci pour suivre ses pas ou au contraire s’en démarquer. Il y a là l’idée-pivot de tout livre-événement comme l’explique Anneliese Depoux[35] :
« La portée de l’événement ne peut « paradoxalement » se mesurer que dans la durée, (…). » (p. 73)
La provocation et l’inédit ont été deux facteurs favorables pour rendre le Reclassement un fait événementiel : d’une part, sujet de polémique entre partisans et détracteurs et de l’autre, introduction d’un « fait » nouveau. Nous retrouvons avec Sami Aldeeb[36] – en 2008 – un projet de traduction qui s’inspire de celui de Blachère. Le préfacier de cette traduction, Quentin Ludwig dit :
« Le grand orientaliste Régis Blachère avait déjà tenté l’expérience mais, pour une raison qui n’a jamais été expliquée, elle a été rapidement abandonnée au profit de l’ordre traditionnel. » (p. 3)
Le traducteur, Sami Aldeeb, insiste sur cet aspect à savoir le fait que Blachère ait suivi l’ordre révélé dans sa seconde édition al-Qor’ân. Il dit :
« Régis Blachère a publié en 1949-1950 une traduction française du Coran par ordre chronologique selon ses propres estimations. Cette première édition n’est plus disponible dans les librairies. Blachère est revenu à l’ordre actuel du Coran dans son édition de 1957, sans en dire les raisons. Dès lors, notre traduction peut être considérée comme la seule comportant la version arabe et française du Coran par ordre chronologique. » (p. 9)
De cette citation, nous retenons deux reproches adressés à Blachère pour mettre en valeur cette nouvelle traduction : d’abord, le fait de suivre des critères plutôt subjectifs d’où le choix de Sami Aldeeb d’observer l’ordre de l’Azhar. Ensuite, le changement d’attitude de Blachère en délaissant l’ordre chronologique adopté dans le Reclassement. Cette « volte-face » – du traducteur et de l’éditeur – après moins de dix ans ne trouve pas grâce aux yeux de Sami Aldeeb qui s’institue comme seul défenseur, à travers son projet, de traduire le Qur’ân selon l’ordre chronologique.
Nous pouvons donc dire que traduire le Qur’ân en adoptant « un » ordre chronologique constitue avec d’autres éléments paratextuels la spécificité du Reclassement mais que conclure du fait de revenir à l’ordre révélé du Mushâf car il s’est avéré qu’il n y a eu qu’un seul tirage pour cette édition[37]. Il peut y avoir là plus d’une explication :
– intention non déclarée de Blachère (et de son éditeur) de délaisser la traduction du Qur’ân selon l’ordre chronologique avec le Reclassement pour ne donner par la suite (depuis 1957) que l’édition al-Qor’ân[38].
– une édition trop fastidieuse selon Rodinson.
– un renoncement à un projet pionnier d’après Aldeeb.
– une diffusion trop restreinte d’où le fait de miser sur sa seconde édition, plus commerciale, d’après notre analyse.
Le Reclassement se révèle donc un « événement » qui mérite toute notre attention dans la mesure où cette traduction ne se présente qu’à travers une seule édition. Il y a là le statut paradoxal d’une édition-repère : celle-ci « date » véritablement dans la tradition de la traduction du Qur’ân mais… à travers un tirage unique. Par contre, la traduction elle-même de Blachère connaît une fortune de plus longue durée avec l’édition al-Qor’ân. Nous terminons par cette toute dernière question : y a-t-il dans la transgression des normes de l’éthique de la traduction en général et de la traductologie en particulier, l’une des raisons qui fait du Reclassement une « édition marquante » dans la longue liste des traductions françaises du Qur’ân ?
BIBLIOGRAPHIE.
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– Antoine BERMAN : Les tours de Babel : essais sur la traduction. Mauzevin : Trans-Europ-Repress, 1985.
– Sami Awad ALDEEB ABU-SAHLIEH : Le Coran. Texte arabe et traduction française par ordre chronologique selon l’Azhar. Éditions de l’Aire, Vevey / Suisse, 2008.
– Anneliese DEPOUX : « La fabrique de l’événement littéraire : le cas de Truismes » (in) Communication et langages, numéro 142, quatrième trimestre 2004.
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– Maxime RODINSON : « R. Blachère. Le Coran (al-Qor’ân) » (in) Revue de l’histoire des religions. Tome 155, numéro 1, 1955.
2) En langue arabe
– القرآن الكريم. مطبعة الأميرية، بولاق / القاهرة، 1369 هجرية.
– تفصيل آيات القرآن الحكيم. وضعه بالفرنسوية جول لابوم و يليه المستدرك وضعه ادوار مونتيه. نقلهما الى اللغة العربية محمد فؤاد عبد الباقى. دار احياء الكتب العربية، القاهرة، 1374 / 1955. (الطبعة الثانية)
– حورية الخمليشى : ترجمة النص العربى القديم و تأويله. عند ريجيس بلاشير. الدار العربية للعلوم، الرباط، 1431 ه / 2010 م.
– الزركشى : البرهان فى علوم القرآن. (أربعة أجزاء) دارالمعرفة، بيروت، بدون تاريخ.
– السيوطى : الاتقان فى علوم القرآن. دار المعرفة, بيروت / لبنان، بدون تاريخ.
– الطبرى : جامع البيان فى تفسير القرآن. بولاق / القاهرة، 1322-1330 هجرية. (30 مجلد)
– صبحى الصالح : مباحث فى علوم القرآن. دار العلم للملايين، بيروت / لبنان، 1985. (الطبعة السادسة عشر)
– جواد على :”موارد تأريخ الطبرى” فى مجلة المجمع العلمى العراقى. مطبعة التفيض، بغداد، 1950 / 1369.
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* Cet article a fait l’objet d’une intervention lors du Colloque international « Événement : représentations et enjeux » 17-18 avril 2018 à l’Université du Caire.
** Professeur émérite de traductologie. Université du Caire, faculté de Lettres.
[1] Nous faisons le choix de transcrire tous les noms propres – dont le Qur’an – non de les traduire pour éviter l’orthographe française telle celle du nom du Prophète. Nous voulons aussi souligner que ces noms sont souvent porteurs de sens, il faut donc retrouver leur étymologie pour connaitre leur valeur sémantique.
[2] Le Coran. (3 volumes) Maisonneuve, Paris, 1949, 1950, 1951.
[3] Pour ne pas répéter ce titre trop long, cette édition sera désignée par Reclassement pour la différencier de la seconde édition.
[4] Avec André du Ryer : L’Alcoran de Mahomet. Antoine de Sommaville, Paris.
[5] Avec Maurice Gloton : Le Coran. Essai de traduction. Albouraq, Paris.
[6] (cf.) البرهان فى علوم القرآن. (أربعة أجزاء). دار المعرفة، بيروت، بدون تاريخ.
[7] C’est nous qui traduisons à chaque fois qu’il y a une citation de la langue arabe.
ترتيب القرآن توقيفى مثله مثل النص القرآنى نفسه. “ترتيب السور هكذا هو من عند الله و فى اللوح المحفوظ، وهو على هذا الترتيب كان يعرض عليه السلام على جبريل كل سنة ما كان يجتمع عنده منه، و عرض عليه فى السنة التى توفى فيها مرتين.” ص. 259 من الجزء الأول.
[8] (cf.) Le Coran. Gallimard, France, 1980. (Première édition, 1967).
[9] حورية الخمليشى : ترجمة النص العربى القديم و تأويله. عند ريجيس بلاشير. الدار العربية للعلوم، الرباط، 1431 ه / 2010 م.
[10] Ces dates ne sont pas précises puisqu’il n’y a qu’un seul tirage de 1949 à 1951 pour les trois volumes.
[11] “و صدرت ل”ريجيس بلاشير” من 1947 حتى 1951 ترجمة للقرآن فى ثلاثة مجلدات بعنوان “القرآن”، فكانت ترجمة متميزة شكلت مدرسة فى حد ذاتها، إذ كان بلاشير يفضل حسب جمال الدين بن شيخ، التنظيم الوظيفى على حساب تركيب المعنى.”
[12] (cf.) Gabriel Said Reynolds : “Le problème de la chronologie du Coran” (p.p. 477 à 502) (in) Arabica 58. 2011 (p. 480)
[13] C’est nous qui soulignons.
[14] Le Coran. (op.cit.) (p.p. 9 à 12)
[15]من علوم القرآن. أسباب النزول و الناسخ و المنسوخ
[16] (cf.) السيوطى: الاتقان فى علوم القرآن. دار المعرفة, بيروت / لبنان، بدون تاريخ. الجزء الأول.
[17] Dans l’édition du Caire de 1369 de l’hégire largement utilisée.
[18] Il faut dire qu’il y a d’autres “ordres” ou autrement dit, d’autres approches du Texte coranique dont celle thématique pour le comprendre. (cf.) تفصيل آيات القرآن الحكيم. وضعه بالفرنسوية جول لابوم و يليه المستدرك وضعه ادوار مونتيه. نقلهما الى اللغة العربية محمد فؤاد عبد الباقى. دار احياء الكتب العربية, القاهرة، 1374 / 1955. (الطبعة الثانية)
[19] (cf.) صبحى الصالح: مباحث فى علوم القرآن. دار العلم للملايين، بيروت / لبنان، 1985. (الطبعة السادسة عشر) ص.164 الى ص. 233.
[20] “النقد الفنى لمشروع ترتيب القرآن الكريم حسب نزوله”. تقرير مرفوع الى ادارة الجامع الأزهر.
[21] حصاد قلم. دار العلم, القاهرة، 1429 ه. / 2008 م.
[22] Il y a avec Blachère l’exemple-type de la “traduction ethnocentriste” décrite par Antoine Berman à travers la systématique de la déformation avec 13 tendances dont la rationalisation et la clarification. (cf.) Les tours de Babel : essais sur la traduction. Mauzevin : Trans-Europ-Repress, 1985. (p.p. 65-82).
[23] C’est le principe de la déontologie à respecter en traduction comme le dit clairement Umberto Eco : le traducteur est tenu de “rendre” dans la langue d’arrivée le vouloir-dire du texte de départ. (cf.) Dire presque la même chose. Expériences de traduction. Grasset, Paris, 2003. (p. 20)
[24] C’est nous qui soulignons.
[25] Dans l’ordre cité : Al Baïdawi, Nasafi et Al Razi. (p. XXXIII)
[26] (cf.) “موارد تأريخ الطبرى” فى مجلة المجمع العلمى العراقى. مطبعة التفيض، بغداد، 1950 / 1369. (من صفحة 161 الى صفحة 183).
[27] (op.cit.)
[28] C’est nous qui soulignons.
[29] La seconde édition: Le Coran. (al-Qor’ân). Maisonneuve et Larose, Paris, 1980. (Première édition, 1957)
[30] Nous allons désigner cette édition par “al-Qorân” pour la distinguer du Reclassement.
[31] Il faut préciser que les intertitres dans les deux éditions sont identiques puisque c’est une partie intégrante de la traduction.
[32] Il est curieux de trouver la majuscule “Al” avec les sous-titres des sourates et une minuscule “al” avec (al-Qor’ân)!
[33] (cf.) “R. Blachère. Le Coran (al-Qor’ân)” (in) Revue de l’histoire des religions. Tome 155, numéro 1, 1955.
[34] Ces “inconvénients” sont essentiellement la difficulté de consulter la première édition car l’ordre suivi n’est pas celui du Mushâf, la somme volumineuse des pages, la longueur des notes, etc.
[35] (cf.) “La fabrique de l’événement littéraire : le cas de Truismes” (pp. 71 à 83) (in) Communication et langages, numéro 142, quatrième trimestre 2004.
[36] Le Coran. (op. cit.)
[37] (cf.) World bibliography of translations of the meanings of the Holy Qur’ân. Printed translations 1515-1980. Organisation of Islamic Cooperation, Istanbul, 1406 / 1986.
Nous avons également vérifié sur les sites de vente des livres.
[38] Nous n’avons trouvé aucune déclaration de Blachère à ce propos depuis cette date – 1957 – et celle de son décès en 1973.
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