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La femme dans la mosquée

La femme dans la mosquée.

Son rôle, son lieu et des jugements rattachés*

Avec une attention particulière pour les pays à minorité musulmane

Dr Jaser ‘Ouda**

 

Introduction:

Deux sujets, à notre avis, sont particulièrement importants dans l’innovation intellectuelle et doctrinale islamique contemporaine, compte tenu de la complexité de l’histoire islamique, de la stabilité des coutumes aberrantes qui s’écartent des origines de l’Islam ainsi que de ses objectifs ultimes. Ce sont la « Femme dans l’islam » et la « Relation entre l’islam et la politique », deux sujets d’une importance capitale pour la Renaissance Islamique. Ceux-ci acquièrent encore plus d’importance dans les pays à minorités musulmanes. Là, l’islam est de plus en plus suspecté quand on aborde ces sujets car les pratiques erronées de certains musulmans aggravent la situation.

Nous sommes donc particulièrement heureux que l’objet de cette session du Conseil européen de la fatwa et de la recherche soit « les Jugements concernant les femmes ». Nous sommes vraiment flatté de l’honneur accordé par les organisateurs du Conseil pour contribuer à cette session avec une recherche, qui, à notre avis, devrait être axée sur tout ce qui concerne les femmes dans la mosquée.

Les mosquées dans les pays à minorités musulmanes sont plus importantes que dans les pays musulmans. Celles-ci sont en fait au centre de la relation du musulman avec l’islam, le seul endroit où il peut fréquenter une société purement musulmane ; c’est aussi le lieu permettant aux musulmans d’adorer leur Seigneur, d’apprendre l’éducation islamique et de résoudre leurs problèmes. De même ils y célèbrent les occasions sociales telles le mariage, la fête (`ïd), la prière funèbre tout en communiquant avec leurs coreligionnaires ou leurs locuteurs natifs au cas où ils parlent une langue autre que celle de la majorité.

La femme dans toute communauté en représente la moitié, soit en guise de nombre, d’importance ou d’impact, parce qu’en plus de sa présence et de son rôle dans la société, celle-ci est l’épouse, la mère, la fille et la sœur. Dans les pays à minorités musulmanes, la femme musulmane est en fait l’ambassadrice et la représentante de l’Islam justement et simplement par son apparence déclarant sa religion et son engagement à tous ceux qui la voient avant même qu’elle ne parle.

Cette recherche examine dix questions relatives aux législations concernant la femme dans la mosquée; en premier lieu, est-ce qu’elle en est exclue ? Quelle est la place qui lui est consacrée ? Nous aurons l’occasion de discuter certains détails relatifs à sa participation aux rites ou aux activités scientifiques, sociales et institutionnelles. La méthode adoptée dans cette recherche consiste à exposer les preuves du Saint Coran puis celles du Hadith du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui et enfin les avis approuvés des Ulémas des écoles confessionnelles. Quand les textes législatifs passent sous silence certains points, nous allons essayer d’élaborer les réponses adéquates qui conviennent aux fins ultimes de la Chari`a tout en prenant en considération l’intérêt des minorités. Et c’est d’Allah que nous implorons aide et bien guidance.

La première question

Interdire les mosquées aux femmes

Le problème dans le contexte actuel:

La réalité dans cette affaire est particulièrement désastreuse dans les pays à minorités musulmanes. Malgré l’importance de la mosquée pour tous les musulmans dans les pays étrangers comme déjà dit, nous constatons que dans la plupart des mosquées, il n’y a pas de place consacrée aux femmes. Et si une femme musulmane – ou qui plus est une non-musulmane – pense à pénétrer dans une des nombreuses mosquées à Londres, à Johannesburg, à Delhi ou dans d’autres grandes capitales, elle trouvera des hommes à la porte pour la repousser brutalement ou se trouvera confrontée à un panneau clair sur la porte de la mosquée indiquant: Interdit aux femmes ou pas de place pour les femmes. Ceci devient encore plus grave par le fait que les stations satellites que tout le monde suit actuellement – en Grande-Bretagne (BBC 4 récemment), aux Etats-Unis (ABC récemment) et d’autres – présentent de temps en temps des reportages illustrés sur l’interdiction des mosquées aux femmes, et le mauvais traitement que subissent celles qui tentent d’entrer. Cela nuit très certainement à l’appel à l’islam et porte préjudice à la religion d’Allah par ces pratiques blâmables des musulmans eux-mêmes.

Si tout jugement dépend de notre représentation concernant une question en particulier, on constate alors que d’autres la perçoivent différemment. D’aucuns considèrent que les musulmans dans les pays étrangers subissent séduction et conspirations et que les hommes doivent fréquenter à nouveau la mosquée et s’y maintenir. Pour les aider à le faire, il faut empêcher les femmes de s’y rendre ou les isoler dans une place restreinte afin d’éviter aux hommes d’être exposés à la séduction « fitnah » ; ceux-ci doivent se consacrer à l’adoration d’Allah et aux bonnes actions. En effet, cette idée est loin de la réalité de la vie des musulmans ainsi que de la réalité de toute autre communauté.

La question n’a pas vraiment besoin d’être posée parce que les mosquées sont les Maisons d’Allah, ouvertes aux hommes et aux femmes, Allah est le Seigneur des hommes et des femmes.

Al- Mutanabi, un poète arabe ancien, a dit un vers dont le sens est que :

« Si le soleil a besoin de preuve alors il faut douter de toute chose. »

Ce qui suit est un plaidoyer en faveur des femmes musulmanes d’une part, et d’autre part un essai dans le but de mettre fin à ce phénomène dangereux et cette hérésie odieuse.

Preuves coraniques du rôle des femmes dans les mosquées:

Les textes du Coran sur cette question exhortent tous les musulmans, hommes et femmes, sans distinguer entre eux, à fréquenter et à prier dans la mosquée.

Le Tout-Puissant dit: «Dans des maisons que Allah a permis d’élever et où Il a permis que Son Nom soit invoqué, [on trouve,] célébrant Ses louanges à l’aube et au crépuscule (36) des hommes que nul négoce et nul troc ne distraient du souvenir d’Allah, de l’accomplissement de la prière et du don de l’aumône. Ils redoutent un Jour où les cœurs et les regards seront bouleversés.” (An-Nour : 36,37), et Il dit : «…Une mosquée fondée dès le premier jour sur la crainte d’Allah est plus digne de ta présence. Il s’y trouve des hommes qui aiment à se purifier, et Allah aime ceux qui se purifient.” (At-tawbah :108)

Certains exégètes ont compris le mot « hommes » dans ces versets au sens de « mâles » avec un impact négatif sur les coutumes des sociétés musulmanes puisque considérant les femmes comme n’ayant pas un droit égal à l’homme dans le fait d’avoir accès aux mosquées. Ibn Kathir, par exemple, a commenté le mot « hommes » dans le verset de la sourate An-Nour comme tel: les femmes ont plus de mérite d’accomplir la Salat (la prière) chez elles que de l’accomplir à la mosquée… toutefois elle peut joindre la prière en commun « jama`a » tenue à la mosquée à condition qu’elle ne nuise à aucun des hommes avec l’apparence de sa parure ou de son parfum[1]. Or le mot « hommes » dans la langue arabe ainsi que dans la langue du Coran désigne les hommes et les femmes. Le très-Haut dit dans la sourate Al-‘A`raf: « …et au sommet de A’râf se tiennent des hommes qui reconnaissent chacun à sa marque distinctive. Ils appellent les hôtes du Paradis : ” Salut sur vous ! “, mais ils n’y pénètrent pas, malgré leur désir. » (Al-‘A`raf: 46). Le mot « hommes » dans ce verset englobe les hommes et les femmes. Il en est de même dans le verset de la sourate Al-Aḥzab : «Il y a, parmi les croyants, des hommes qui ont été fidèles au pacte qu’ils avaient conclu avec Allah…. » (Al-Ahzab : 28). Là, le mot « hommes » désigne également les hommes et les femmes. Mais si Allah veut désigner les hommes en tant que « mâles », il mentionne le mot « femmes » dans le même contexte comme dans le verset suivant. Le Tout- Glorieux dit: « … S’il n’y avait eu, mêlés à eux, des hommes croyants et des femmes croyantes inconnus de vous que vous risquiez de piétiner à votre insu – crime qui vous aurait valu une honte imméritée, mais Allah introduit qui Il veut dans Sa miséricorde – et si, par contre, les groupes s’étaient clairement séparés, Nous aurions infligé aux mécréants un châtiment douloureux. » (Al-Fatḥ :25)

Sur le plan linguistique, les femmes distinguées sont appelées « hommes » en langue arabe ancienne. Dans le dictionnaire du Mokhtar al-Séhah, par exemple, il est mentionné dans la racine du mot : des femmes hommes, une femme est dite « une homme ». On dit que la Mère des croyants `A’icha était une homme d’opinion jouissant de l’avis d’un homme (car très perspicace). Dans le dictionnaire la langue des Arabes[2] (Lisan el `Arab) : Abou Zyad el kilabi a dit en parlant de sa femme : « Les deux hommes se sont querellés (il veut dire lui-même et sa femme) ». Et dans d’autres cas, on dit pour les femmes : « Elle est une homme » au sens de « parfaite »[3].

 D’ailleurs il existe maints versets qui exhortent les gens de façon générale à se rendre aux mosquées et de se parer au physique et au moral:

 « Que seuls fassent le service des oratoires d’Allah ceux qui croient en Dieu et au Jour dernier, qui s’acquittent de la prière, font l’aumône et ne craignent que Allah seul. Peut-être ceux-là seront-ils au nombre des bien guidés. » (Attawbah :18).

« Dis : «Mon Seigneur a commandé l’équité. Que votre prosternation soit exclusivement pour Lui. Et invoquez-Le, sincères dans votre culte. De même qu’Il vous a créés, vous retournez à Lui». (Al-‘A`raf :29)

« Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de Salat portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d’excès, car Il [Allah] n’aime pas ceux qui commettent des excès.” (Al-‘A`raf : 31)

Même les djinns, le Tout-Puissant nous avance ce qu’ils disent à leur peuple :

«Que les mosquées sont consacrées à Allah : n’invoquez donc personne avec Allah. » (Al-djinn :18)

Et le Coran est intransigeant avec quiconque empêche l’accès aux mosquées, Allah Le Tout-Puissant dit:

«Qui est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées d’Allah, on mentionne Son Nom, et qui s’efforce à les détruire ? De tels gens ne devraient y entrer qu’apeurés. Pour eux, ignominie ici-bas, et dans l’au-delà un énorme châtiment. » (Al-Baqarah-114)

Les preuves de la Sunna concernant la présence massive des femmes dans les mosquées :

Ceci s’ajoute à des dizaines, voire des centaines de hadiths authentiques du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, montrant la présence des femmes dans la mosquée pour toutes les prières ainsi que dans d’autres événements. Cette recherche ne permet pas de passer en revue tous ces hadiths mais en voici quelques exemples :

 `Aisha, qu’Allah l’agrée dit: « Les femmes croyantes assistaient à la prière du Fajr avec le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, couvertes tout à fait de leurs draperies puis elles gagnaient leur foyer après avoir accompli la prière»[4]

Al-Cha’bi, a dit: Nous sommes entrés chez Fatima bint Qais … Elle a dit: « On a appelé les gens à se réunir pour accomplir la prière. Elle a dit: Je me suis donc précipitée avec les gens qui se sont précipités. Elle a dit: J’étais alors au premier rang des femmes dans la mosquée, celui qui suivait directement le dernier des hommes. Elle a dit: J’ai entendu le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dire alors qu’il était sur le minbar : « Les cousins ​​de Tamim al-Dari ont pris la mer…» [5].

D’après Asmaa’ fille de Abu Bakr, elle a dit: « Je me suis rendue chez `Aïcha épouse du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, lors d’une éclipse du soleil alors que les gens étaient en train de prier (…). Quand le Messager d’Allah eut terminé la prière, il invoqua Allah par Ses louanges et Ses éloges … »[6].

D’après Aïcha : Saad fut blessé le jour du Khandaq (…) le Prophète alors a dressé une tente dans la mosquée pour le surveiller de près[7].

Ibn Hajar a écrit en expliquant: Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a ordonné de mettre Sa`ad dans la tente de Rufaidah, tenue dans sa mosquée. C’était une femme qui soignait les blessés. Il a dit: Mettez-le dans sa tente pour que je le surveille de près[8].

D’après ‘Aisha qu’Allah l’agrée, il y avait une esclave nègre dans une tribu arabe, elle a été affranchie mais restait toujours parmi ses membres et elle a dit : Une jeune femme de cette tribu est sortie avec un foulard rouge, (longue histoire où la négresse fut accusée de vol puis son innocence fut prouvée). `Aicha qu’Allah l’agrée, a dit : Alors, elle est venue auprès Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, et elle s’est convertie à l’Islam. `Aïcha a dit: Celle-ci avait un certain endroit à elle dans la mosquée et elle venait souvent chez moi ; à chaque fois elle disait :

« Le jour du foulard est l’un des miracles de notre Seigneur Il m’a sauvée du village des mécréants. »

`Aisha a dit, alors je lui ai répondu: Qu’est-ce que tu as ! Tu ne restes jamais avec moi sans raconter la même histoire? Elle a dit: Elle m’a racontée à nouveau son histoire[9].

D’après ‘Umm Salamah, l’épouse du prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Les femmes à l’époque du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, assistaient aux prières dans la mosquée. Quand elles eurent fini les prières prescrites, elles quittaient. Le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, et les hommes qui avaient accompli la prière avec lui restaient pour un certain temps ; quand le Messager d’Allah se levait, ils faisaient de même[10].

D’aprés Asma bint Abou Bakr, elle a dit: « Le soleil s’est éclipsé à l’époque du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. (…) Je suis entrée dans la mosquée alors j’ai vu le Messager d’Allah debout (faisant la prière) alors je me joignis à lui ; il resta debout jusqu’à ce que je ne puisse plus me tenir debout puis je me suis tournée vers une femme faible et je me dis qu’elle est plus faible que moi ; ensuite, il s’est levé et s’est incliné, a prolongé la ruku`, enfin il leva la tête et se maintint debout à tel point que si un homme serait venu à l’instant, il aurait cru qu’il ne s’était pas encore incliné[11].

Sur l’autorité d’Asmaa également, elle a dit: J’ai entendu le Prophète , que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dire : « Quiconque (d’entre vous les femmes) croit en Allah et au Jour dernier qu’elle ne lève la tête (après la prosternation) qu’après nous (les hommes) » de crainte de voir la nudité des hommes, parce qu’ils ne portaient que le namirah (de petits pagnes noir et blanc)[12].

D’après elle toujours: « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a prononcé un sermon où il a mentionné l’épreuve de la tombe. Les gens avaient peur et firent du bruit m’empêchant de comprendre les derniers mots du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Quand ils se furent calmés, je demandai à un homme qui était près de moi : Qu’Allah vous bénisse, qu’est-ce que le Messager d’Allah a dit à la fin de son discours? Il répondit: « Il m’a été révélé que vous serez éprouvés dans vos tombes à un moment proche de l’épreuve de l’Antéchrist ».[13]

D’après Abu Hurairah qu’Allah l’agrée, une femme noire est décédée ; elle avait coutume d’épousseter la mosquée. Le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, demanda de ses nouvelles. Quand il apprit sa mort, il dit: Mais si vous me l’avez appris? Montrez-moi sa tombe, alors il y est venu et il a prié».[14]

D’après ‘Aisha qu’Allah l’agrée: « Lorsque Saad bin Abi Waqas fut décédé, les épouses du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, ont demandé qu’on passe par la mosquée avec le corps du défunt afin qu’elles fassent la prière funéraire, les hommes l’avaient déjà faite. Ils s’arrêtèrent devant la chambre de chacune d’entre elles pour lui permettre de faire la prière.[15] Al-Nawawi a dit: Le récit authentique approuvé par la plupart des Ulémas est que les gens ont fait la prière funéraire à la mort du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, individuellement. Chaque groupe entrait pour prier solennellement, puis sortait ; le groupe qui suit faisait de même puis ce fut le tour des femmes et enfin celui des garçons[16].

«N’empêchez pas les servantes d’Allah de se rendre aux mosquées d’Allah»

Outre ces hadiths mentionnés ci-dessus, il existe beaucoup d’autres qui soulignent le même sens, cela prouve que la présence des femmes musulmanes dans la mosquée est chose naturelle dès les débuts de l’Islam, à tout moment pour accomplir toutes les prières. Mais le hadith principal concernant la question de l’interdiction des mosquées aux femmes est le hadith d’Abdullah bin Omar qui a dit: « Une femme d’Omar (ibn al-Khattab), `Atikah bint Zaid, assistait aux prières collectives du matin et du soir dans la mosquée. On lui a demandé : Pourquoi vous sortez et vous savez que ‘Omar déteste cela car c’est un homme jaloux? Elle répondit: Qu’est-ce qui l’empêche de me l’interdire? La réponse fut: Le hadith du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui « n’empêchez pas les servantes d’Allah de se rendre aux mosquées d’Allah »[17], Ibn Hajar dit: En fait Omar fut poignardé alors qu’elle était à la mosquée. »[18].

Dans Al Mu`jam al-kabir (livre de hadith de Tabarani): « Bilal ibn Abdullah ibn Omar m’a dit que son père, Abdullah ibn Omar, a dit une fois: Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dit: « N’empêchez pas les femmes de leur part de bienfaits en accédant aux mosquées. » J’ai dit: Quant à moi, je vais empêcher les miennes ; quiconque le souhaite, qu’il l’autorise à sa femme. Alors son père se tourna vers lui et riposta: Qu’Allah te maudisse (répété trois fois) tu m’écoutes dire que le Messager d’Allah commande qu’elles ne soient pas interdites d’y accéder et tu oses dire ce que tu viens de dire ? Puis il a pleuré et s’est mis en colère. Dans une autre version, il lui dit: Ô ennemi d’Allah. Il a tendu la main et l’a giflé.[19] Dans la version d’Al-Tirmidhi: « Nous étions avec Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), et il a dit: Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : Autorisez vos femmes d’aller aux mosquées pour la prière de la nuit. Son fils a dit: Par Dieu, nous n’allons pas les laisser sortir car elles vont prendre cela comme prétexte. Il dit: Qu’Allah te fait subir ce que tu mérites ; je dis : le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit telle chose et tu dis : Nous n’allons pas leur permettre cela. » Rapporté par Abu Hurairah, Zainab femme de `Abdullah bin Masoud, Zaid bin Khalid, et le hadith d’Ibn Omar est un bon et authentique hadith[20].

La réaction d’Abdullah bin Omar (qu’Allah l’agrée) dénote ici la prohibition tranchante du fait d’empêcher les femmes d’aller aux mosquées contrairement au commandement du Prophète qu’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

Le hadith de `Aisha favorise l’avis contraire pour certaines considérations:

Malgré la validité, la fermeté et la nature générale de ces preuves, ceux qui penchent pour l’avis contraire, celui d’empêcher les femmes de fréquenter les mosquées, avancent des arguments qu’ils considèrent comme définitifs (la prétendue séduction des femmes). Ils relatent deux hadiths à l’appui : le premier est celui de `Aïcha qu’Allah l’agrée, elle dit: « Si le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a vu ce que les femmes font, il les aurait empêchées (d’aller dans les mosquées) comme furent empêchées les femmes d’Israël»[21].

Le second est le hadith d’Umm Humaïd: d’après `Abdullah ibn Suwaïd Al-Ansari, d’après sa tante, la femme d’Abou Humaïd al-Saa`idi, a dit qu’elle est venue voir le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui : Ô Messager de Dieu, j’aime prier avec vous. Il répondit : ” J’ai appris que vous aimez prier avec moi mais prier dans votre maison est meilleur que dans votre chambre ; prier dans votre chambre est meilleur que dans votre maison ; prier dans votre maison est meilleur que dans la mosquée de votre peuple et prier dans la mosquée de votre peuple est meilleur que dans ma mosquée-ci. » Elle ordonna de construire une mosquée dans sa maison dans le coin le plus éloigné et le plus sombre ; elle y priait jusqu’à sa mort[22].

Quant au hadith de `Aïcha, qu’Allah l’agrée, elle n’a pas nié la règle établie par le hadith, mais elle a opté pour le principe que les jurisconsultes ont appelé plus tard “blocage de prétexte “(interdire un acte par crainte de commettre un péché par le biais d’un acte toléré). Cet avis émane des conditions de son époque car les femmes de la Médine semblaient prendre une certaine aisance selon les limites légales pour visiter la mosquée. Par contre, cela ne signifie guère l’abolition de l’autorisation originelle ni l’abrogation comme certains juristes l’ont compris. Les juristes de Médine et d’ailleurs, tout au long de l’histoire, n’ont jamais considéré l’interdiction d’Aïcha, qu’Allah l’agrée, comme une décision définitive. Malik, Imam de Médine, (quelques décennies après l’ère d’Aïcha), interrogé sur cette affaire, a déclaré: Elles ne sont pas interdites d’aller dans les mosquées[23].

Ibn Hajar a déclaré: Certains persistent à s’en tenir à l’avis de `Aisha qu’Allah l’agrée, selon lequel l’accès à la mosquée est absolument interdit aux femmes. C’est un sujet de controverse car cela ne peut pas changer la décision initiale. Elle a dit: « S’il aurait vu, il aurait empêché » alors on peut répliquer : « Il n’a pas vu et n’a pas empêché … » En outre, les changements d’attitude de certaines femmes et non pas de toutes les femmes de cette époque, rend l’interdiction sélective ne concernant que celles qui l’ont provoquée. Il convient plus d’éviter ce qui provoque la corruption comme le prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, l’avait mentionné à savoir s’abstenir des parfums et des parures[24].

 Ibn Hazm suit une logique similaire quand il dit: Les changements survenus sont sans aucun doute commis par certaines femmes ; il est impossible d’empêcher le bien à ceux qui n’ont fait aucun mal à cause de celles qui l’ont commis[25]. Ibn Qudamah a déclaré: La Sunna du Messager d’Allah mérite d’être suivie, et les paroles d’Aïcha concernent uniquement celles qui transgressent ; il va sans dire que celles-ci doivent être empêchées de sortir[26].

Les prétextes peuvent être admis pour réaliser les intérêts:

En effet, de nos jours, il faut adopter l’opinion la plus indulgente en ce qui concerne cette affaire. Les femmes de notre temps doivent être encouragées à aller à la mosquée pour concrétiser au quotidien les objectifs de la mosquée : invoquer Allah Le Tout-Puissant tout en apprenant les préceptes de l’Islam, faire la connaissance d’autres femmes, participer à l’activité générale pour le profit des familles et de la société.

Le défunt cheikh Abdul Halim Abu Chuquah que Dieu lui fasse miséricorde, commente ainsi les paroles de la Mère des croyants :

« Si Aïcha, qu’Allah l’agrée, a vu ce que les femmes de nos jours font en sortant à toute allure pour se rendre à tous les lieux de divertissement hormis la mosquée ainsi que l’invasion malveillante, dans leur propre foyer, par les médias, elle aurait dû dire que le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, leur imposerait l’accès aux mosquées. Et ce, en guise d’exhortation, les femmes doivent se tenir loin de la tentation et qu’elles s’habituent à une attitude décente»[27].

Le hadith d’Umm Humaïd est exceptionnel dans son contexte et ne signifie pas une proscription générale: 

Quant au hadith d’Umm Humaïd, le contexte du hadith était un différend entre elle et son époux concernant le fait d’assister régulièrement aux prières collectives à la mosquée du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Elle dit: « Ô Messager d’Allah, nous aimons prier avec vous mais nos maris nous empêchent »[28] Celui-ci résout la contradiction entre les hadiths cités, en particulier les hadiths généraux qui interdisent d’empêcher les femmes d’aller à la mosquée et ce hadith. Dans cette situation-ci, le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, pourrait conseiller Umm Humaïd d’obéir à son mari mais pas dans l’intention de prescrire une législation générale exigeant cela de chaque musulmane en tous temps et tous lieux. C’est la seule explication plausible pour comprendre ce hadith selon son contexte pour régler le conflit entre les textes : appliquer un hadith dans des circonstances similaires vaut mieux que de l’écarter.

Le hadith «et que l’homme ne la voit pas» est un hadith faible (sens et chaîne de rapporteurs).

Il y a un certain nombre de hadiths faibles dont se réclament les revendicateurs de l’interdiction. C’est une preuve faible qui néglige les nombreux hadiths authentiques. Le hadith de Fatimah, fille du Messager d’Allah, que paix et bénédiction soient sur lui, s’insère dans la première catégorie. « Quand il lui demanda : Qu’est-ce qui est meilleur pour une femme? Elle répondit: Qu’elle ne voit aucun homme et que personne ne la voit. Il l’a jointe à lui et a dit: Bénie soit ma progéniture »[29]. En plus de la faiblesse de sa chaîne de transmission, sa signification contredit les dizaines de hadiths dont nous avons parlé plus haut, où les femmes font partie de la communauté des compagnons à la mosquée, qu’Allah les agrée tous et toutes. Il est clair que celui-ci va à l’encontre du Saint Coran où le Tout-Puissant dit :

«A ceux qui te contredisent à son propos, maintenant que tu en es bien informé, tu n’as qu’à dire : «Venez, appelons nos fils et les vôtres, nos femmes et les vôtres, nos propres personnes et les vôtres, puis proférons exécration réciproque en appelant la malédiction d’Allah sur les menteurs». ((Al-Imran: 61)

Le verset mentionne implicitement, Fatimah, qu’Allah soit satisfait d’elle, parmi la famille du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dans l’échange de l’invocation de la malédiction d’Allah sur l’autre parti. Dans l’interprétation d’Ibn Kathîr de ce verset, il a relaté l’histoire d’une délégation chrétienne de Najran : (…) alors ils ont refusé d’admettre cela. Quand vint le lendemain, le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, est venu en tenant Al-Hassan et Al-Hussein tout contre lui, dans une étoffe soyeuse, suivi de près par Fatimah pour mulâ`anah (jeter l’anathème)[30]. Il y a de nombreux autres hadiths où Fatimah, qu’Allah l’agrée, apparaissait dans des relations normales avec les hommes selon les limites de la charia.

Le tuteur d’une femme n’a pas le droit de l’empêcher d’aller à la mosquée:

Le fait d’empêcher une femme de la mosquée par son mari ou son tuteur, est prohibé en raison de l’interdiction initiale du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Nous déduisons du hadith de la femme d’Omar et du hadith d’Umm Humaïd que le mari et la femme devraient se mettre d’accord à propos de ce sujet selon les circonstances ainsi que selon les divers facteurs familiaux et sociaux.

Il ne faut pas toutefois que la femme se rende à la mosquée en négligeant ses priorités prescrites par la législation telles ses devoirs vis-à-vis de sa famille et de ses enfants. Quant au mari, il doit coopérer avec elle sans nuire à ses propres obligations. Il faut trouver un certain équilibre entre les deux partenaires. Il est donc absolument inadmissible d’empêcher les femmes de se rendre dans les mosquées parce que cela contredit la prescription explicite du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

Conclusion:

La femme musulmane doit fréquenter à nouveau la mosquée et il n’est pas permis de l’empêcher que ce soit par un individu ou par la collectivité. Il faut plutôt trouver un endroit approprié pour les femmes dans la mosquée et les encourager afin de réaliser les objectifs des Maisons d’Allah. Tout comme les hommes, les femmes doivent y aller surtout en cette époque dans les pays à minorités musulmanes.

La deuxième question

Le lieu consacré à la prière des femmes dans la mosquée 

La problématique dans le contexte actuel :

La réalité dans les pays occidentaux à minorités musulmanes est la suivante : les mosquées qui autorisent l’accès aux femmes permettent rarement aux rangs des femmes de suivre directement ceux des hommes dans la même salle comme ce fut le cas à l’époque du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

Dans la plupart des mosquées des pays de l’ouest, il y a des salles ou des petites salles pour les femmes à l’étage inférieur de la salle de prière (sous-sol ou rez-de-chaussée) ou un balcon supérieur fermé ou dans un petit bâtiment rattaché à la mosquée ; la prière leur est transmise par le biais de haut-parleurs.

Le statut des femmes dans ces salles confinées représente une problématique eu égard à plusieurs points. En premier lieu : les salles des femmes sont conçues dans des dimensions beaucoup plus petites que celles de la salle principale. Ces petites salles sont souvent remplies, les vendredis ou dans les fêtes, contrairement à celles spacieuses consacrées aux hommes. Il est à noter que le nombre des femmes dépasse parfois celui des hommes dans les événements publics. Deuxièmement: ces salles ne bénéficient pas du même niveau d’équipement : les tapis, l’éclairage et l’acoustique. Ainsi, les femmes ne sont pas bien accueillies à la mosquée et ne peuvent pas jouir de ce rassemblement. Troisièmement: dans beaucoup de ces mosquées, le lieu consacré à la prière des enfants, de tous âges, n’est autre que la salle de prière des femmes, ce qui les accable et les gêne. Quatrièmement: les femmes ne sont pas autorisées d’y accéder par l’entrée principale de la mosquée et leur sont consacrées des entrées privées étroites soit de côté ou par derrière.

Tout ceci contribue avec la conception de la mosquée à donner une impression claire aux visiteurs non musulmans ainsi qu’aux jeunes, hommes et femmes, qui ont grandi dans ces pays que l’islam «marginalise» et «isole» les femmes. L’étroitesse, le bruit et le manque de préparation des salles des femmes confirment cette impression : l’islam ne favorise pas l’accès des lieux de culte aux femmes et les hommes en Islam ne supportent pas la responsabilité des enfants. Bref, l’Islam est une religion pour hommes comme nous le disent nombre d’Occidentaux.

La tradition du Prophète dans la construction de la mosquée:

Le plan de la mosquée à l’époque du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, ressemblait approximativement au schéma suivant.


Simple Schéma de la Mosquée du Prophète

Et la disposition de ses rangs et de ses portes.

La Sunna du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, est que les hommes s’alignent en rangées directement derrière le Messager d’Allah complétant le premier rang puis celui qui le suit et ainsi de suite ; par contre, les rangs des femmes commencent dès la fin de la mosquée complétant le dernier rang puis celui qui le devance et ainsi de suite. Si les jeunes garçons assistent à la prière, ils se rangent entre les rangs des hommes et ceux des femmes.

Le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a fondé la mosquée au printemps de la première année de l’émigration (de l’Hégire) 622 J.-C. Celle-ci était ainsi construite : la longueur et la largeur selon les normes de nos jours étaient d’environ 35 x 30 mètres ; son toit était fait de feuilles de palmiers à 2,5 mètres de hauteur ; les colonnes provenaient des troncs des palmiers et les murs en briques crues ; au milieu, un espace ouvert et spacieux. Il y avait trois portes communes pour les hommes et les femmes: la porte de la Miséricorde (Babul Rahmah) connue sous le nom de la porte de `Atikeh (du côté de l’ouest), la porte d’Othman appelée actuellement la porte de Gabriel par laquelle le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, entrait et une porte au sud alors que la Quibla était vers Jérusalem. Puis, lorsque la qibla changea vers la Kaaba au cours de la deuxième année de l’émigration, la porte sud a été bloquée et une porte a été ouverte côté nord[31].

Il n’y avait ni murs ni rideaux – chose qu’on pouvait faire facilement – entre ces deux groupes de rangées mais les dernières pour les hommes venaient directement devant les premières des femmes. Cela est clair d’après de nombreux hadiths, tel que celui de ‘Urwa bin Al-Zubayr d’après ‘Asma bint Abi Bakr, qu’Allah l’agrée, qui a dit:

« Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a prononcé un sermon où il a mentionné l’épreuve de la tombe. Quand il a dit cela, les gens apeurés firent du bruit m’empêchant de saisir les derniers mots du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Quand ils se furent calmés, je demandai à un homme qui était près de moi : Qu’Allah vous bénisse, qu’est-ce que le Messager d’Allah a dit à la fin de son discours? Il dit: « Il m’a été révélé que vous serez éprouvés dans vos tombes à un moment proche de l’épreuve de l’Antéchrist»[32].

Voilà un autre hadith de Fatimah bint Qais, elle a dit : « On a appelé les gens à se réunir pour la prière. Je me suis donc précipité avec ceux qui se sont précipités. J’étais alors au premier rang des femmes dans la mosquée, celui qui suivait le dernier rang des hommes. J’ai entendu le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dire alors qu’il était sur le minbar : «Les cousins ​​de Tamim al-Dari ont pris la mer … »[33].

Les femmes voyaient l’imam en s’instruisant :

Les femmes étant dans la même salle, elles pouvaient voir l’imam – le Messager d’Allah que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, – et d’apprendre de lui au moment où il parlait. Cela aide – comme c’est prouvé scientifiquement – à l’apprentissage, la communication et la concentration. Certaines d’entre elles mémorisaient directement le Coran d’après la récitation du Messager d’Allah comme ‘Um Hisham bint Haritha bin Al-Nu`man. Elle a dit: « Je n’ai appris la sourate (qâf) que de la bouche du prophète (c’est-à-dire, d’après sa récitation) lorsqu’il prêchait chaque vendredi[34]. Ibn Abbas dit: « Um al-Fadl bint al-Harith l’avait entendu réciter la sourate « al Mursalât » elle a dit: Ô mon fils, je me suis rappelée la lecture de cette sourate, c’était la dernière chose que j’ai entendu du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, réciter pendant la prière du Maghrib[35].

Et d’après Abdullah bin Rafi`, esclave libéré de ‘Umm Salamah, il raconte d’après ‘Umm Salamah, l’épouse du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, qu’elle a dit: « J’entendais des gens parler du bassin (Al Hawd) mais je ne l’avais pas entendu du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Un jour, la servante me peignait et j’entendis le Messager d’Allah dire : « Ô gens ! » Alors j’ai dit à la servante: Retire-toi. Celle-ci répondit: « Il a appelé les hommes et non pas les femmes, alors j’ai dit: Je fais partie des gens. Alors le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Je vous devancerai auprès du bassin « al Hawd ». Là, certains d’entre vous seraient chassés et repoussés comme on chasse un chameau errant. Alors je dis: Qu’est-ce que c’est? On me dit: Vous ne savez pas ce qu’ils ont fait après vous, alors je dis: Maudits soient-ils ».[36]

Et d’après Abu `Uthman : « Gabriel est venu près du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, alors que ‘Umm Salamah était chez lui, le Prophète lui demanda : qui est-ce ? Umm Salamah répondit que c’était Dahia (un de ses compagnons). Quand il s’est levé, elle a dit: Par Allah, je pensais que c’était (Dahia) jusqu’à ce que j’entendisse le sermon du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dire les propos de Gabriel[37].

Et d’après Asma bint Abi Bakr, elle a dit: « Le soleil s’est éclipsé à l’époque du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui (…). Puis je suis venue et je suis entrée dans la mosquée, j’ai vu le Messager d’Allah debout faisant la prière. Je me joignis à lui ; il resta debout jusqu’à ce que je ne puisse plus de fatigue. Je me suis tournée vers une femme faible et je me dis qu’elle est plus faible que moi ; ensuite, il s’est incliné en prolongeant le ruku` ; puis il s’est relevé et se tint debout à tel point que si un homme arrivait à l’instant, aurait imaginé que le Prophète ne s’était pas encore incliné »[38].

En effet, il n’y a aucune raison d’isoler les femmes par des murs ou des rideaux ou de les empêcher de voir l’imam. Il a été prouvé que le fait de voir le Messager, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dans sa mosquée avait un impact positif sur l’acquisition des connaissances des femmes. Les lignes tracées dans les mosquées pour organiser les rangs ou même une simple barrière basse seraient amplement suffisantes pour bien organiser les zones de prière afin qu’il n’y ait pas de bousculade ou d’encombrement.

La signification du hadith le pire des rangs:

Le prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a mentionné la disposition des rangs dans un hadith narré par Abou Hurayrah. Il a dit : « Le meilleur rang des hommes est le premier et le pire est le dernier tandis que le meilleur chez les femmes est le dernier et le pire est le premier»[39]. Certaines personnes citent ce hadith comme un alibi soit pour empêcher les femmes des mosquées soit pour les isoler dans les salles susmentionnées. Cela est étrange parce que le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, aurait pu construire une autre salle pour les femmes ou les empêcher d’accéder aux mosquées.

La signification du hadith concerne simplement la préférence de la première rangée pour les hommes et de la dernière rangée pour les femmes pour certaines raisons. La première en est que la première rangée pour les hommes et la dernière pour les femmes est consacrée à ceux qui sont venus tôt à la prière et c’est une vertu comme on le sait. La seconde raison est que les deux rangées mentionnées sont loin de toute distraction. Quant à la troisième et dernière raison, celle-ci est liée à d’autres hadiths dans lesquels le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, interdisait aux femmes de lever la tête avant que les hommes ne se lèvent du ruku` et de la prosternation (sujud) à un moment où les conditions difficiles de la communauté musulmane naissante ne permettaient pas à chaque compagnon de porter un long pagne.

D’après ‘Asmâ’ bint Abi Bakr, qu’Allah les agrée tous deux, elle a dit : J’ai entendu le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dire : « Quiconque parmi vous (les femmes) croit en Allah et au jour dernier, qu’elle ne lève pas la tête jusqu’à ce que nous levions la nôtre.” (…)[40].

De même, d’après Sahl ibn Sa`d : « Les femmes au temps du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, reçurent l’ordre de ne lever la tête, dans la prière qu’après que les hommes prennent place par terre, à cause des vêtements serrés (ou désavantageux) de ces derniers»[41].

De même, le hadith de `Amr bin Salamah, dans lequel il a dit : « (…) Ils ont cherché mais personne n’avait appris des versets du Coran plus que moi grâce à ce que je mémorisais lors de mes rencontres. Ils m’ont donc amené en tant que imam alors que je n’avais que six ou sept ans. Je portais alors une étoffe qui se retira pendant la prosternation. Une femme du quartier dit : « Cachez les fesses de votre récitant (du Coran) alors ils ont acheté un tissu et m’ont fait une chemise qui me rendit heureux plus que toute autre chose»[42].

L’incertitude autour de l’annulation de la prière des hommes au cas où une femme passe devant eux:

D’aucuns refusent la structure ouverte de la mosquée – si l’on peut dire- en raison de l’opinion selon laquelle le passage d’une femme devant un homme qui prie interrompt sa prière ; certains ont même pensé qu’il devrait la refaire. Cela contredit tout ce qui a été rapporté concernant la mosquée du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Certains se réfèrent au hadith cité dans les livres des hadiths authentiques, d’après Abou Hurayra et Abou Dhar que le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dit : « Interrompent la prière (d’un homme) la femme, le chien, et l’âne (s’ils passent devant lui)»[43] Cependant, ces récits contredisent ce hadith, narré par les mêmes locuteurs ; d’après Abou Hurayrah, qu’Allah l’agrée, le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit: «N’interrompent pas la prière d’un homme, une femme, un chien ou un âne. Repoussez-les autant que vous le pouvez»[44]. Ce hadith n’a pas été prouvé comme valide.

Toutefois, il faut citer à ce propos le hadith authentique rapporté par Muslim et d’autres, que la mère des croyants `Aisha, qu’Allah l’agrée, ne considérait pas ces versions précises.  D’après `Abdullah bin `Ubaid bin `Umair, on a dit à la mère des croyants `Aicha, que : « Le chien, la femme et l’âne interrompent la prière. », Alors elle a dit: Vous en faites des égaux de la femme musulmane? (Et dans une version: Quelle mauvaise comparaison faites-vous entre nous (les femmes) et le chien et l’âne. Et encore : Donc la femme est une mauvaise créature ?!) Je me réveille et le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, prie alors que je suis étendue entre lui et la Quibla[45]. Dans une autre version, elle a dit: J’étais étendue dans le sens de la quibla comme la dépouille lors des funérailles »[46].

 Al-Shafi’i a commenté cette question en disant: « Si la femme ne provoque pas la rupture de la prière de l’homme en étant devant lui, il en va de même si elle est à sa droite ou à sa gauche[47].

Muhammad ibn al-Hasan a déclaré: Il n’y a rien de mal à ce qu’un homme prie si la femme est endormie, assise ou debout devant lui, ou à côté de lui, ou si elle prie devant lui, mais non pas au cours de la même prière en commun, mais il est réprimandé (makrouh) que la femme prie à coté ou devant l’homme au cours de la prière commune avec le même imam[48].

 Et chez les Hanbalites: il est réprimandé qu’un homme prie alors qu’une femme prie devant lui, sinon – c’est-à-dire, si elle ne prie pas – alors ce n’est pas makrouh, vu le hadith de `Aïsha qu’Allah l’agrée[49].

 Abou Dawoud a remarqué que les versions varient à propos de ce sujet malgré le fait que des compagnons qu’Allah les agrée. Il rapporte que la prière n’est pas interrompue et il en déduit que si les versions se contredisent à propos du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, il faut revenir aux actes de ses compagnons après lui[50].

Les enfants ont un lieu qui leur est consacré car leur présence est importante dans la mosquée :

Quant aux enfants au temps du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, les plus grands d’entre eux s’alignaient en rangées à part voire certains d’entre eux présidaient la prière (comme imam) tel Amr ibn Salamah dans le hadith susmentionné. De nos jours, la situation n’est plus la même comme le constate tous ceux qui s’intéressent aux activités éducatives à l’Est ou à l’Ouest. À l’époque actuelle, le taux des enfants matures éprouvant la sincérité et la crainte lors de la prière a diminué. Il vaut mieux que les enfants soient avec le père ou la mère ou dans des salles spéciales avec des bénévoles – hommes ou femmes – pour les prendre en charge tout particulièrement dans les occasions publiques où il y a un grand nombre d’enfants.

Le fait de guider les enfants par des adultes trouve ses racines dans la tradition du Prophète bien aimé, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. D’après Ibn Abbas qu’Allah l’agrée lui et son père: « Je priais une nuit à la gauche du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, alors il m’a pris par la main ou l’épaule pour me placer à sa droite de derrière son dos »[51].

Également, selon Ibn Abbas, il a dit: « Pour la prière de l’aube, je me tenais debout pour prier les deux rak’ahs. Lorsque le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, me prit par la main et dit: «Est-ce que tu vas la faire quatre rak`ahs ? »[52].

 Cependant, il existe, malheureusement, des coutumes dans certaines sociétés islamiques qui exigent que les enfants – en particulier les filles – soient exclus des mosquées. Cela est contraire à la Sunna du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

 Selon Al- Bukhari, dans un chapitre, intitulé “Si l’on porte une petite fille sur son cou pendant la prière ». D’après Abou Qatadah al-Ansâri, il a dit que le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, avait l’habitude de prier alors qu’il portait ‘Umamah la fille de Zainab – sa propre fille – et de Abul-`Âs ibn Rabia’ah ​​ibn `Abd Shams. Pendant la prosternation, il la mettait à terre puis la portait quand il se levait»[53].

Le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Quand je me tenais debout pour la prière avec l’intention de la prolonger puis j’entends un enfant pleurer, je me hâte de crainte de mettre sa mère dans la gêne»[54].

Quand le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, se prosternait, al-Hassan ou al-Hussein montait sur son dos alors il la prolongeait. On lui disait: Ô Prophète d’Allah, tu as prolongé la prosternation! Il dit: “Mon fils a fait de moi sa monture et je déteste de le dépêcher.”

Une fois, le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, priait ; quand il se prosternait, al-Hassan et al-Hussein sautaient sur son dos, et quand les compagnons voulaient les empêcher, il leur faisait signe de les laisser. Quand la prière fut achevée, il les mettait sur ses genoux»[55].

La Sunna prescrit que les portes de la mosquée permettent l’accès aux hommes et aux femmes:

Les portes étaient partagées entre hommes et femmes à l’époque du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, ainsi qu’à l’époque d’Abou Bakr qu’Allah l’agrée. C’est Omar qu’Allah l’agrée qui décida de consacrer une porte aux femmes empêchant les hommes de l’emprunter. Il faut souligner qu’il n’empêchait pas les femmes d’entrer par les portes des hommes. Dans le Sunan d’Abou Dawoud, d’après Nafi, d’après Ibn Omar, a dit : Omar Ibn Al-Khattab qu’Allah l’agrée, a dit : « Laissons cette porte aux femmes» ou selon une autre version d’après Nafi` : « Omar ibn al-Khattab, qu’Allah l’agrée, interdit que l’on entre (c.à.d. les hommes) par la porte des femmes»[56].

Ainsi la question de réserver une porte pour les femmes est une affaire d’organisation selon l’ijtihâd d’Omar qu’Allah l’agrée, et non une décision arrêtée par le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. L’interdiction de Omar qu’Allah l’agrée d’entrer par la porte des femmes est une interdiction visant l’intérêt public, non pas une interdiction obligatoire en tous temps et en tous lieux avec le maintien de portes communes pour les hommes et les femmes.

Il est très important à notre époque, en particulier dans les pays à minorité musulmane, que l’entrée principale de la mosquée soit ouverte à tous – hommes et femmes – même si les circonstances exigent qu’une porte en particulier soit réservée aux femmes. Tout mauvais traitement est totalement inadmissible envers les femmes si elles entrent par les portes communes.

Il y a là l’un des problèmes majeurs auxquels est confrontée la nouvelle génération des musulmans en Occident avec un impact dangereux sur les non-musulmans et sur les musulmans eux-mêmes.

Conclusion:

Conformément à la Sunna, on ne doit pas isoler les femmes dans des salles spéciales ni de placer des murs ou des rideaux entre elles et les hommes dans les mosquées. Leur place vient derrière les rangées des hommes et dans la même salle.

Il n’y a aucun problème pour les femmes de se déplacer dans la mosquée à l’exception du moment de la prière collective ou si les hommes prient de façon individuelle. La Sunna n’empêche ni les filles ni les garçons de fréquenter la mosquée ; aussi les femmes n’en sont pas seules responsables. Il est permis d’attribuer une porte latérale aux femmes, en particulier en cas de grand nombre ou de mettre des marques au sol pour délimiter les espaces de prière. Il ne faut en aucun cas empêcher les femmes d’entrer du portail principal de la mosquée.

Les musulmans, en particulier dans les pays à minorités musulmanes devraient prendre en compte l’impact de la place de la femme dans la mosquée sur le moral des jeunes de la nouvelle génération ainsi que sur l’image de l’islam.

Le troisième problème

Les rapports naturels entre hommes et femmes dans la mosquée.

Le problème dans le contexte actuel:

En effet, dans les pays à minorités musulmanes, les femmes sont autorisées à entrer dans les mosquées mais il y a une certaine gêne dans les rapports hommes / femmes. Dans la vie quotidienne, leurs rapports sont chose habituelle que les hommes soient musulmans ou non. Il va sans dire que cette gêne a un mauvais impact sur la participation de la femme dans la société musulmane, sur l’image de l’islam aux yeux des jeunes musulmans et enfin sur l’appel des non-musulmans à adhérer à l’islam.

Si nous revenons, encore une fois, à la Tradition du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, nous trouvons que dans la mosquée, les hommes et les femmes s’entretenaient de diverses affaires religieuses et sociales. Nous trouvons également que ce qui a été rapporté à propos de quelques écarts n’ont introduit ni un changement radical dans la disposition des rangées lors de la prière, ni dans la conception architecturale de la mosquée elle-même. Les hadiths suivants montrent à titre d’exemple ceci en présence du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dans la mosquée, raconté par des compagnons hommes et femmes pour indiquer la nature des relations hommes / femmes dans la mosquée.

Témoignages de la Sunna sur les relations hommes / femmes dans la mosquée selon les limites de la charia:

D’après ‘Asmâ’, qu’Allah l’agrée, elle a dit: « (…) quand il dit cela les gens apeurés firent du bruit m’empêchant de comprendre les derniers mots du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Quand ils se furent calmés, je demandai à un homme qui était près de moi : Qu’Allah vous bénisse, qu’est-ce que le Messager d’Allah a dit à la fin de son discours? Il dit: «Il m’a été révélé que vous serez éprouvés dans vos tombes, (…) »[57].

Et d’après `Abd al-Rahman, d’après Malik, d’après Nafi`, d’après d’Ibn Omar, il a dit: « Tous, ils faisaient leurs ablutions. J’ai dit à Malik: Hommes et femmes? Il a dit: Oui, j’ai dit: Au temps du Prophète ? Il a dit: Oui[58].

Jaber qu’Allah l’agrée, rapporte une situation dont il a été témoin, il a dit: « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, s’appuyait contre un tronc de palmier en prononçant son sermon (khutbah). Une femme des Ansârs lui dit: Ô Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, mon fils est charpentier, voulez-vous que je lui ordonne de vous faire un minbar? Il répondit : « Si. » Il prononça le sermon du vendredi suivant sur le minbar. Jaber a dit: Le tronc sur lequel il se tenait poussait des gémissements comme ceux d’un enfant. Le Prophète d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dit : “Cela pleure tant lui manque le Dhikr (le rappel d’Allah)[59].

 D’après ‘Aisha, qu’Allah l’agrée, elle a déclaré: «Les femmes des Ansârs ont beaucoup de mérite ! Leur chasteté ne les a pas empêchées de poser des questions sur la religion pour la comprendre à fond»[60].

`Abdullah bin Massoud raconte une situation dont il a été témoin, il dit : « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, est entré dans la mosquée avec des femmes des Ansârs. Il prêcha et leur dit: «Quiconque d’entre vous dont trois de ses enfants meurent, ira au Paradis». Une femme d’entre elles, se mit debout et demanda : « Ô Messager d’Allah, et deux enfants ? Il a dit: «Et celle qui perd (par la mort) deux de ses enfants»[61].

 Et Jaber bin Abdullah raconte: « J’ai assisté avec le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, à la prière du jour de al-`Eïd. Il commença par la prière avant le sermon, sans l’appel à la prière, puis il s’appuya contre Bilal pour se tenir debout. Il a exhorté à la piété et à l’obéissance d’Allah. Il a commencé par les hommes puis répéta le même sermon à l’endroit où les femmes étaient assises. Il ajouta : « Faites l’aumône, en fait la plupart d’entre vous vont constituer le bois d’allumage en enfer. » Une femme, aux joues brunes, s’est levée et dit: Pourquoi, Ô Messager d’Allah? Il a répondu: «Parce que vous vous plaignez constamment et vous niez les faveurs de votre époux.» Elles ont promptement réagiet ont fait la charité avec leurs bijoux, lançant leurs boucles d’oreilles et leurs bagues dans le vêtement de Bilal»[62].

 D’après ‘Asmâ’ bint Yazid, elle a dit : « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, nous parla un jour de l’Antéchrist, alors une femme se leva et dit: « Ô Messager d’Allah, je travaille à pétrir la pâte pour ma famille, j’espère qu’il ne sera là qu’après ma mort ». Il répondit : «S’il apparaît tant que je suis vivant, c’est moi qui lui fera face ; si non, c’est Allah qui sauverai les musulmans de sa tentation».[63]

 Abu Hurairah raconte une situation dont il a été témoin, il dit : Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Est-ce qu’il y en a d’entre vous qui raconte ses rapports intimes avec sa femme ? Ou l’une d’entre vous qui fait de même ? Alors une femme noire s’est levée et a répondu : « Ô Messager d’Allah, ils le font, et elles le font. Le Messager d’Allah de réponse : « Vous dirai-je pas à quoi peut-on comparer ceci ? Comme si un démon rejoignait une démone sur le chemin et s’accouplaient tandis que tout le monde regardait»[64].

Les femmes soignaient les hommes dans la mosquée du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui :

Voilà un hadith auquel il faut réfléchir car il montre clairement que nous, en tant que musulmans, sommes très loin de la Sunna quant à la position des femmes dans les mosquées et le rôle qu’elles peuvent jouer:

D’après Mahmoud ibn Labid : « Sa`d fut blessé aux chevilles au cours de la bataille al-Khandaq. On l’amena à la mosquée chez une femme qui soignait les blessés nommée Rufaidah. Le Prophète en passant près de lui la nuit lui disait : comment vas-tu ce soir ? Et en passant près de lui le matin, il lui demandait : comment vas-tu ce matin ? Sa’d lui répondait à chaque fois[65].

Une femme a vu juste et un homme est dans l’erreur:

Cette tradition s’est poursuivie après l’ère prophétique et l’histoire de ‘Umar concernant les biens offerts à l’épouse le montre bien. Umar Ibn Al-Khattab est monté sur le Minbar du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, puis il a dit: « Ô gens, pourquoi cette exagération pour les biens offerts à l’épouse ? Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, et ses compagnons ne payaient que quatre cents dirhams au plus. Est-ce une sorte de piété envers Allah, ou une faveur mais vous ne pouvez jamais les dépasser. Ceci dit, il est descendu du Minbar, et une femme de Quraysh a protesté (et dans une autre version: longue avec un nez aplati) et elle lui a dit: Ô Commandeur des fidèles, vous venez d’interdire aux hommes d’offrir à leurs épouses plus de quatre cents dirhams ? Il a dit : Oui. Elle a dit : N’avez-vous pas entendu ce qu’Allah a révélé dans le Coran ? Il a dit : Quoi ? Elle répondit : N’avez-vous pas entendu Allah dire : « (…) et que vous ayez donné à l’une un quintar, n’en reprenez rien. Quoi ! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste ? » (An-Nisâ’ :20) Il a rétorqué : « Ô Allah j’implore votre pardon ! Tout le monde comprend mieux que `Omar. (dans une autre version : une femme a vu juste et un homme est dans l’erreur»[66].

 On continua à dresser des pavillons à l’intérieur des mosquées soit pour l’i’tikâf ou pour d’autres objectifs raisons comme l’avait fait `Abdullah ibn Al-Zubayr plus tard en établissant un pavillon dans lequel les femmes soignaient les blessés, leur donnaient à boire et à manger comme l’atteste l’Histoire[67].

Écarts de conduite:

Pourtant, les hadiths que nous avons mentionnés ne signifient pas que la communauté de la Médine était dépourvue de déviation, même dans le cadre de la mosquée. Dans Al-Mustadrak (un des livres des hadith authentiques), d’après ‘Ibn Abbas, qu’Allah soit satisfait d’eux, il a dit: « Une belle femme, l’une des plus belles, priait derrière le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui ; certaines personnes se sont avancés dans la première rangée afin de la voir, d’autres ont reculé pour être dans la dernière rangée. Quand ils s’inclinaient pour le (ruku`), ils essayaient de la voir en regardant par dessous leurs aisselles tout en écartant les bras. Allah l’Omniscient a révélé à leur égard ce verset : « Et Nous connaissons certes ceux qui parmi vous ont avancé et Nous connaissons ceux qui tardent encore. » (Al-Hijr, 24)[68].

 Le fait de traiter toutes sortes de déviation était de conseiller le fautif tout en lui rappelant la surveillance d’Allah sur Ses serviteurs. Les règles régissant l’interaction entre les hommes et les femmes dans la mosquée n’ont pas changé, ni la conception de la mosquée elle-même.

A notre époque, en particulier dans les pays à minorités musulmanes en Occident, il n’y a pas d’infractions dans le traitement des hommes et des femmes dans la mosquée sauf dans des cas rares. L’exception ne fait pas la règle. En Occident, il est très facile de fréquenter des lieux pour commettre les actes prohibés.

Les prétextes pourraient être admis ou bloquées :

Il existe un besoin urgent pour tous ceux qui vivent en Occident de permettre des rencontres entre les jeunes hommes et les jeunes filles pour favoriser l’union de couples. Un phénomène qui s’est largement répandu dans ces sociétés est le mariage entre musulmans et non-musulmanes. La Sunna du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, ne bloque pas ce prétexte, mais le permet plutôt. D’après Al-Mughira Bin Shu’bah, il a dit : « Je me suis engagé auprès d’une femme alors le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, m’a dit : « Tu l’as vue ? » J’ai répondu: Non. Il dit : « Ceci est capable de vous rapprocher»[69].

Pour éviter les relations prohibées entre jeunes hommes et jeunes filles, nous pouvons trouver la solution dans le hadith de la femme de khath`am ; d’après Abdullah bin Abbas qu’Allah l’agrée, il a dit : Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a fait monter al-Fadl ibn Abbas derrière lui sur son monture, le jour du Sacrifice. Al-Fadl était un homme beau, et le Prophète s’arrêta pour écouter certaines personnes et leur donner des fatwas. Une femme – très belle – venait de Khath`am, , elle demanda au Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, al-Fadl la regarda tellement elle lui plaisait. Le Prophète se tourna vers lui, et lui prit le menton pour l’obliger à regarder dans une autre direction (…)[70].

Conclusion :

Tous les hadiths précédents montrent des rapports naturels entre les hommes et les femmes voire une description neutre de la beauté d’une femme, de la luminosité de son visage, de l’assombrissement de sa couleur, de traces dans les joues, de la petitesse du nez ou de la grandeur de la taille, etc. Quand il y a une attitude blâmable de certains hommes dans la mosquée ou ailleurs, le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, n’a pas ordonné aux femmes de se couvrir le visage ni de mettre des rideaux dans la mosquée entre hommes et femmes. L’intérêt de la présence des hommes et des femmes dans la même salle de prière compte plus que quelques écarts individuels. Au contraire, l’interaction naturelle dans le cadre de la mosquée ouvre le prétexte du mariage aux jeunes hommes et jeunes aux filles et c’est une solution à l’un des problèmes graves dans les sociétés actuelles.

La quatrième question

Les vêtements de la femme dans la mosquée.

Sous-questions pour compléter le tableau:

Dans les pages suivantes, nous présentons brièvement un certain nombre de sous-questions qui se rapportent à la jurisprudence des femmes musulmanes dans la mosquée. Nous considérons qu’il faut les traiter dans cette recherche afin de répondre à tout ce qui se rapporte aux femmes dans la mosquée. Autrefois et actuellement, les savants se sont penchés sur toutes ces questions et nous allons reproduire là leurs avis. La première sous-question est la suivante: Y a-t-il des vêtements à mettre seulement pour la prière ou dans la mosquée, hormis le voile légitime? La réponse est non car il n’y aucune preuve dans la Sunna du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, que la femme doit porter autre que son habillement prescrit par la chari`ah.

La femme vient à la mosquée avec son voile sans mettre de parfum:

 D’après `Aïcha qu’Allah soit satisfait d’elle, elle a dit: « Qu’Allah accorde sa miséricorde aux premières émigrantes, quand Allah a révélé:

« (…) et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines (…) » (Al-Nur: 31) ; elles ont coupé leurs toges pour les porter comme voiles. Elle a ajouté: les femmes avaient l’habitude de se recouvrir de toges pour assister à la prière de l’aube (el Fajr) avec le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, puis elles retournaient chez elles une fois la prière terminée»[71]. (72)

Le Prophète souligne uniquement l’importance de ne pas se parfumer en allant à la mosquée.

D’après Zainab, la femme de ‘Abdullah ibn Mas`oud: « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, nous a dit : « Si l’une d’entre vous se rend à la mosquée qu’elle ne se parfume pas»[72].

Dans le récit de ‘Abou Hurayrah, le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit: «N’empêchez pas les servantes d’Allah d’aller aux mosquées d’Allah. Si elles sortent, qu’elles le fassent sans parure ni parfum»[73].

D’après Abu Hurairah, il a dit: Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Quelle que soit la femme qui a touché de l’encens, qu’elle n’assiste pas avec nous la prière du soir (el`Ichâ’) »[74].

 Abu Hurairah a rencontré une femme dont il a senti l’arôme de son parfum, (et dont la queue de sa robe était trop longue), il lui a dit: « Ô servante d’Allah, tu viens de la mosquée? Elle répondit: Oui. Il a dit: Tu as mis du parfum pour cette raison ? Elle a dit: Oui. Il a dit: J’ai entendu mon bien aimé, Abul Qasim, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dire: «N’est pas admise la prière d’une femme qui s’est parfumée pour aller à la mosquée avant qu’elle ne revienne et qu’elle ne se baigne comme le ghusl de janabah (lavage rituel de l’impureté)»[75]. Mais cette interdiction ne concerne pas la mosquée uniquement, Abu Mousa al-‘Ach`ari qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Toute femme qui se parfume puis passe par des gens ressentant son parfum est considérée comme une prostituée»[76].

Conclusion:

Il n’y a pas de vêtements spécifiques pour la femme dans la mosquée ou pour la prière hormis la tenue habituelle en Islam.

La cinquième question

La prière de Jumu`ah et la prière collective pour la femme dans la mosquée :

Dans la jurisprudence islamique, la femme n’est pas obligée d’assister à la prière de Jumu`ah (du vendredi) et les prières collectives dans la mosquée comme c’est le cas pour les hommes. La preuve se trouve dans les divers hadiths du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, tels que: «La prière du vendredi (al-Jumu`ah) est une obligation prescrite à tout musulman sauf : un esclave, une femme, un garçon ou une personne malade, » et « Quiconque croit en Allah et au jour dernier doit faire la prière de Jumu`ah (vendredi) en commun sauf une femme, un garçon, un esclave ou un malade » et « Les femmes n’ont pas à prier le vendredi (Jumu`ah) », et bien d’autres hadiths .[77]Malgré le consensus selon lequel une femme n’est pas obligée d’assister à la prière du Jum`ah, il est préférable qu’elle y assiste si les circonstances le permettent[78].

Quant aux prières collectives elles sont préférables pour les hommes et pour les femmes: « La prière en commun est supérieure de vingt-sept degrés à celle accomplie individuellement»[79].D’après ‘Abu Hurairah qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « La prière de l’un de vous en commun dans la mosquée dépasse celle accomplie ailleurs de plus de vingt degrés ; celui-ci a parfaitement fait ses ablutions puis s’est rendu à la mosquée ne voulant que prier. Chaque pas (en route) l’a élevé d’un degré, et a efface l’un de ses péchés ; en plus, les anges prient pour l’un de vous tant qu’il est dans la salle de prière dans laquelle il prie, « Ô Allah accorde lui Ta bénédiction, Ô Allah aie pitié de lui », et ce tant ses ablutions restent valides, et tant qu’il ne porte atteinte à personne. » Il a dit : «L’un de vous est dans la prière tant que la prière le retient»[80].

La sixième question

Présence de la femme ayant les menstrues dans la mosquée.

Les érudits ne sont pas d’accord quant à la question concernant la femme ayant les menstrues : lui est-il permis d’entrer ou non dans la mosquée ? Notre professeur, Cheikh Yusuf al-Qaradawi, a publié une fatwa sur cette question. Il a dit:

« Les savants ne sont pas d’accord quant à la présence de la femme ayant les menstrues dans la mosquée sans accomplir les ablutions, et ce en raison du verset : « Ô les croyants ! N’approchez pas de la prière (As-Salat) alors que vous êtes ivres, jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d’impureté [pollués] – à moins que vous soyez en voyage (ou seulement en y passant) – jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel. (…) » (An-Nisâ’, 43)[81].

 Les Hanbalites ont autorisé l’homme en état de janabah à rester dans la mosquée s’il effectue les ablutions, basés sur la parole de Sa`ïd ibn Mansour et Al-Athram qui ont raconté d’après `Ata ibn Yassar, il a dit: « J’ai vu des hommes des compagnons du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, assis dans la mosquée tout en étant en janabah (après des rapports avec leur épouse) mais ayant effectué les ablutions mineures. »

D’aucuns des juristes ont autorisé au junub, à la femme ayant les menstrues ou en post-partum, à être présents dans la mosquée après avoir effectué les ablutions ou même sans ablutions, et ce parce que rien ne prouve le contraire. Quant au hadith : « Je n’autorise pas la mosquée pour une femme en menstruations ou au junub. » Les savants l’ont jugé faible et l’interdiction n’est pas dite de façon explicite.

  L’imam Ahmad, Al-Muzny, Abu Dawud, Ibn Al-Mundhir et Ibn Hazm sont du même avis et ils se sont référés au hadith d’Abu Hurairah cité dans Al-Sahihin (les deux livres authentiques des hadiths) et d’autres : « Un musulman n’est jamais impur. »

 En plus, par analogie, il était permis aux polythéistes et aux non-musulmans d’entrer dans la mosquée donc le musulman junub passe avant ceux-là.

 Selon notre approche, à savoir adhérer à l’avis le moins contraignant, pour la femme en menstrues, elle a droit plus que le junub de fréquenter la mosquée car l’impureté du junub pourrait être levée à son gré par le bain rituel contrairement aux menstruations puisque la femme ne peut ni les empêcher, ni les interrompre à son gré ; elle mérite donc d’être excusée plus que l’homme junub. En effet, certaines femmes ont besoin d’aller à la mosquée pour assister à une leçon, une conférence, ou autre occasion et il ne faut donc pas lui interdire l’accès[82].

Quant au hadith que notre professeur Cheikh Qaradawi avance à cet égard: «Je n’autorise pas la mosquée à une femme en menstruations ou au junub » il fait partie d’un long hadith rapporté par Abou Dawoud, d’après Busra bint Dajajah, elle a dit: « J’ai entendu `Aisha qu’Allah l’agrée dire : Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, est venu (et il a vu) les seuils des maisons des compagnons donnant directement sur la mosquée, alors il a dit : «Orientez les façades de ces maisons loin de la mosquée. » Ensuite, le Prophète est entré et les gens n’ont rien fait, espérant qu’Allah leur accorde une permission à travers la révélation. Le prophète est sorti et leur a dit : « Orientez les façades de ces maisons loin de la mosquée. Je n’autorise pas la mosquée à une femme en menstruations ou au junub (et dans une version: à l’exception de Muhammad et de la famille de Muhammad). » Cependant, ce hadith est faible comme le disent Al-Bukhari, Ahmad, Al-Bayhaqi et Al-Albani même si certains juristes de notre époque s’y réfèrent[83].

Nous avons déja cité le hadith de `Aisha qu’Allah soit satisfait d’elle, d’une nouveau-née noire, dans une tribu des Arabes, (…) et le reste du hadith dans lequel elle est venue chez le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui ; elle a habité une tente dans la mosquée[84]. Ibn Hazm qu’Allah lui accorde sa miséricorde, en se référant à ce hadith comme preuve a dit : « C’est une femme qui habite dans la mosquée du Prophète, et par sa nature de femme elle aurait dû avoir ses menstruations ; or, le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, ne lui avait pas défendu de demeurer dans la mosquée, alors tout ce que le Prophète n’a pas défendu doit rester permis»[85].

Conclusion:

Il est permis à une femme ayant les règles d’entrer dans la mosquée, d’y rester et de réciter le Coran ainsi que d’accomplir toutes les autres actions légitimes à l’exception de la prière.

La septième question

Le Jugement concernant la femme comme Imam pour les femmes ou les hommes, son appel à la prière ‘Adhân et ‘Iqamah.

Là, il est question des femmes qui dirigent d’autres dans la prière en commun ainsi que si cela est possible dans une prière collective avec les hommes. Il y a deux types de problèmes : le premier concerne la prière collective à la mosquée et le second, la prière individuelle à la maison. Quant au collectif, il y a ceux qui appellent, en particulier en Occident, que les femmes soient des Imams lors des prières régulières dans les mosquées à l’instar des hommes, et à présider la prière du vendredi et à y prêcher. En fait, cela a eu lieu aux États-Unis et au Canada dans deux ou trois mosquées. Quant à la seconde question, celle-ci concerne les musulmanes ayant épousé des non arabes tout particulièrement ceux récemment convertis à l’islam. L’une d’entre elles dit: Je maîtrise la lecture du Saint Coran tandis que mon mari ne le peut encore. Le fait d’être imam dans la prière ne le dérange pas. Cela est-il permis?

Quant à l’appel (l’adhân), la femme peut-elle l’assumer parmi d’autres femmes ou dans une collectivité regroupant les deux sexes ?

Les femmes comme Imam des femmes dans la prière:

Quant à la femme Imam pendant la prière, dans les livres de Al-Shafi’i no 315, de Ibn Abi Shaiba 2/88, et de Abdul Razzaq 5082, un hadith raconté par deux chaînes de narrateurs : d’après ‘Ammar Al-Dahni, d’après une femme de sa tribu qui s’appelle Hujairah, à propos de ‘Umm Salamah qui fut leur Imam pendant la prière de `Asr se tenant entre elles. Selon les paroles d’Abdul-Razzaq: « Umm Salamah nous a présidées, nous les femmes, comme imam lors de la prière de `Asr, alors elle s’est tenue parmi nous».

Al-Hafiz Ibn Hajar a dit dans «Al-Deraya» no 1/166 et Muhammad bin Al-Husayn d’après la narration d’Ibrahim Al-Nakh’’i, le hadith d`’Aisha qu’elle présidait les femmes en tant qu’Imam au mois de Ramadan, et qu’elle se tenait entre elles.

Abd al-Razzaq 5083 a dit d’après Ibrahim bin Muhammad selon Dawood bin Al-Husayn, d’après ‘Ikrimah, d’après ‘Ibn Abbas, qui a dit: « La femme se tient au milieu des femmes quand elle est leur Imam ».

Alors que dans al-Mughni il avance un autre point de vue : est-il souhaitable que les femmes prient en commun entre elles? Il a été rapporté que c’est mustahhab (un bienfait pour lequel on est récompensé). Parmi ceux qui ont dit que la femme pourrait être imam pour les autres femmes : `Aisha, Umm Salamah, `Atâ’, Al-Thawri, Al-Awza’i, Al-Shafi’i, Ishaq et Abu Thawr. Il a été rapporté par Ahmad, qu’Allah lui accorde sa miséricorde, que cela n’est pas souhaitable (pas mustahhab) mais ses contemporains l’ont réprimandé. Elles peuvent le faire et leur prière est acceptée.

Un autre avis est celui d’Ach-Caha`bi, al, Nakh`i et Qatadah ; ils l’ont autorisé lors des prières surérogatoires non celles écrites[86].

Al Hakim a mentionné dans son livre al-Mustadrak que la mère des croyants Aïcha qu’Allah l’agrée, faisait l’appel à la prière (le Adhan, la iqamah) et se tenait comme imam des femmes dans la prière[87].

Le hadith : la femme ne doit jamais être imam d’un homme:

Jabir ibn Abdullah qu’Allah les agrée, a dit : « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, prêchait un jour. Il a dit : « Qu’une femme ne soit jamais imam pour un homme. » Dans une autre version: « Une femme ne doit jamais être imam pour un homme, ni le bédouin pour un des compagnons mecquois du Prophète (mouhajer), ni un licencieux pour un croyant hormis s’il craint l’épée ou le fouet d’un sultan»[88]. Or, al-‘Arna’out l’a déclaré non fiable à cause de sa chaîne de transmission. Quant à Abdullah bin Muhammad Al-Adawi, il a dit que le narrateur a été accusé par certains d’entre eux. Muhammad Fouad Abdul Baqi a dit que sa chaîne de transmission est faible à cause d’Ali Ibn Zaid bin Jada`an et d’Abdullah Ibn Muhammad Al-Adawi les narrateurs.

Il y a un autre hadith faible dans le même sens dans le Musannaf de d’Ibn Abi Shaybah: Abu Bakr nous a transmis que Waki` lui a rapporté d’après ‘Ibn Abi Dhi’b, d’après un esclave libéré (mawla) de Banu Hachim d’après `Ali a dit: « La femme ne mène pas la prière en tant que imam»[89].

 « Faites en sorte que les femmes soient en arrière comme Allah le veut».

Ceci n’est pas un hadith, il ne faut pas s’en servir en tant que preuve sur cette question. C’est plutôt une parole attribuée à ibn Mas’oud qu’Allah l’agrée, citée dans al- Muwata’[90].

  Dans le Mussannaf de ‘Abd ar-Razzaq, il a été rapporté d’après Ibn Masoud: « Les hommes et les femmes des descendants d’Israël avaient l’habitude de prier tous ensemble. La femme qui avait un ami portait deux moules pour que celui-ci puisse la voir ; elles furent punies par les menstruations. Ibn Masoud a dit: « Allah veut qu’elles soient à l’arrière ». Nous avons dit à Abu Bakr : Quels sont les deux moules? Il répondit : Des chaussures fabriquées de bois à longs talons»[91]. Dans le Sahih de Ibn Khuzaymah: Abu Bakr a dit : ces dires ne sont pas un hadith du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui car il n’a pas de chaînes de narrateurs[92].

Le hadith de ‘Um Waraqah qui fut imam des gens dans sa maison :

Uthman ibn Abi Shaybah nous a rapporté, d’après Waki` bin al-Jarrah, Waleed ibn Abdullah ibn Jumai`, nous a rapporté d’après sa grand-mère et ibn Abdul Rahman Khallad al-Ansari, d’après ‘Um Waraqah bint Nawfal que le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, quand il était à la bataille (ghazwa) de Badr, elle lui a dit: “Ô Messager d’Allah, permettez-moi de sortir avec vous, pour soigner les blessés, souhaitant qu’Allah m’accorde la chihadah (être martyr pendant la guerre), il lui a répondu : « Reste dans ta maison, Allah t’accordera la Chihadah.» Il dit: Alors elle a été appelé « martyre » de son vivant. Il dit: Elle avait appris le Coran, et avait pris la permission du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, de prendre un muezzin dans sa maison et il l’a autorisé. Abdul Rahman dit: Je vis chez elle un muezzin très âgé. Rapporté par Abu Dawood qui ne l’a n’a pas considéré comme faible ; al-Albani l’a classé comme bon[93].

 Les connaisseurs du Hadith n’étaient pas d’accord sur la chaîne des narrateurs de ce hadith ; al-‘Arna’out a rapporté que sa chaîne de transmission est faible pour l’ignorance d’Abd al-Rahman bin Khalad et la grand-mère de al-Walid bin Abdullah bin Jumai`, dont le nom est Laila bint Malik. Ibn S`ad l’a résumé dans son livre «at-Tabaqat» 457/8, Ibn abi Chaïbah 12 / 527-528, Ahmad 27282, Ibn Abi `Asim dans «Al-Âhâd wal-Mathany» 3366 et 3367, Al-Tabarani 25 / 326-327, Al-Hâkim 1/203, Al-Bayhaqi dans «Al-Sunan» 1/406 et 3/130, et dans «Al-Dlâ’il» 6/381 par différentes chaînes d’après Al-Walid bin Abdullah ibn Jumaï` avec ce même isnad (chaîne de narrateurs).

 Mais ce jugement n’est pas définitif : al-Hâkim a rapporté le même hadith dans « Al-Mustadrak » en ces termes : Il a ordonné aux femmes d’être imam pour les gens dans leur maison lors des prières obligatoires. Al-Hâkim a ajouté : Je ne connais pas à propos de cette question un autre hadith que celui-ci. Muslim a jugé Al-Walid Ibn jumaï` comme digne de confiance[94], et Ibn Khuzaymah l’a également rapporté dans son Sahih, et al-Albani l’a classifié comme bon[95] ; Ibn Hibban a cité Abd al-Rahman bin Khalad, ainsi qu’Al-Walid bin Jumaï` parmi les narrateurs crédibles[96].

 Al-San’ani a dit dans son livre « Subul As-Salam », commentant ce hadith ou celui de ‘Um Waraqah : « Ce hadith est la preuve de la validité de la femme en tant qu’imam pour les gens de sa maison même si un homme est là. Elle avait un vieux muezzin et il paraît qu’elle était imam pour lui ainsi que pour son serviteur et sa servante ; Abou Thawr, al-Muzny et al-Tabarany ont validé ce jugement à l’encontre des autres savants[97].

 Ibn Taymiyyah a rejeté l’unanimité qu’Ibn Hazm a prétendu quant au jugement de la prohibition absolue qu’une femme soit imam pour des hommes. Il a dit: Il est permis, selon Ahmad ibn Hanbal, à la femme maîtrisant la lecture du Coran d’âtre imam pour les hommes analphabètes pendant les prières surérogatoires de la nuit du Ramadan. Quant aux autres prières surérogatoires, il y a deux avis[98]. Il a également écrit : selon le célèbre avis de l’imam Ahmad, une femme peut être imam des hommes dans certains cas : par exemple, si la femme maîtrise la lecture du Coran, elle pourrait être imam pour les hommes analphabètes pendant les prières surérogatoires de la nuit du Ramadan. Le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a permis à ‘Um Waraqah d’être imam pour les gens de sa maison et d’avoir un muezzin ; dans ce cas, la femme imam doit se tenir derrière les hommes[99].

 Ibn Qudamah a écrit dans Al-Mughni : Certains de nos compagnons ont dit: Il est permis à la femme de diriger les hommes comme Imam pendant les Tarawih (prières surérogatoires de la nuit du Ramadan) tout en étant derrière eux parce qu’on a rapporté que le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a nommé un muezzin à ‘Umm Warqah bint Abdullah ibn Al-Harith, et lui a ordonné d’être imam pour hommes et femmes de sa maison pendant les prières selon la version de ‘Abou Dawoud. Cependant, le hadith du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dit : « Une femme ne doit jamais être imam pour un homme. » Elle ne doit ni faire l’appel la prière (le ‘Azhan) ni être Imam[100]. Or, nous avons déjà souligné que ce hadith «aucune femme ne doit être imam » qu’Ibn Qudamah cite ici est faible.

Toutefois, il est clair que la femme imam pour les hommes selon les commandements divins et les directions du prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, se limite à son seul foyer et non pas à la mosquée. Or, les mosquées à domicile, étaient répandues en ce moment, comme le rapporte la mère des croyants ‘Aisha, qu’Allah l’agrée, dit : « Le Messager Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a ordonné qu’on construit des mosquées dans les maisons et qu’on les nettoie, et qu’on les parfume»[101]. D’après ‘Anas, qu’Allah l’agrée : Lorsque la `iddah (période d’attente après la divorce) de Zainab bint Jahsh, qu’Allah l’agrée, fut terminée, le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, dit à Zaïd : « Dis (à Zaïnab) que je la demande en mariage. » Zaïd dit :« Alors je me suis précipité chez elle et j’ai dit: « Ô Zainab, réjouis-toi, le Messager d’Allah a dit ton nom! » Elle a dit : « Je ne ferai rien avant de prier mon Seigneur (en consultation). Alors elle s’est dirigée vers sa mosquée (…)»[102].

La femme et l’appel à la prière : Adhan et Iqamah:

Il a été mentionné dans Al-Mustadrak `ala As-Sahihaïen rédigé par Al-Hâkim d’après `Atâ’, que `Aisha, qu’Allah l’agrée, « faisait l’appel à la prière, formulait l’Iqamah et qu’elle se tenait au milieu des femmes en étant leur imam»[103].

D’aucuns refusent cet avis se basant sur le hadith cité par Asmâ’ bint Abu Bakr, qu’Allah l’agrée, que le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Les femmes n’ont ni à appeler à la prière (adhan) ni de formuler al iqamah, ni d’assister aux prières de Jum`ah ni de prendre le bain rituel de jum`ah (ghusl). La femme (imam pour d’autres femmes) ne se tient pas devant elles mais entre elles. »

Notons que Ibn Ma`iin a dit que al-Hakam ibn Abdullah bin Sa`d, l’un de la chaîne des narrateurs, n’est pas fiable, ni sûr en transmission, ni bon conservateur. Al-Bukhary et al-Nasa’y ont dit que les hadiths qu’il a transmis ont été écartés. Ibn Al-Mubarak a dit la même chose ; ce hadith est rejeté par ibn al- Jawzi dans al- Muhaqaq car selon lui, ce n’est pas un hadith du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, mais plutôt les dires Mawqouf de l’un de ses compagnons qu’Allah les agrée tous (probablement al-Hassan al-Basry et Ibrahim al-Nakh’ey)[104].

L’opinion de Ibn Qudamah consiste en ce que les femmes n’ont pas à faire l’appel à la prière ni celui de Iqamah. Étaient du même avis Ibn Umar, Anas, Sa`eed ibn al-Musayab, al-Hassan, Ibn Siriin, al-Nakh’eyi, al-Thawri, Malik, Abu Thawr, et les érudits. Par contre, l’opinion de l’Imam Ahmad est différent : « Si elles le font, il n’y a rien de mal, et si elles ne le font pas, c’est admissible ». Al-Shafi’i a dit qu’il n’y aucun tort à lever le Adhan et la Iqamah par des femmes, se référant à la mère des croyants ‘Aïcha qu’Allah l’agrée. Ishaq était également du même avis[105].

En fin de compte, il s’avère qu’il n’est pas permis à une femme d’être imam pour les hommes dans la mosquée mais il lui est permis de le faire dans la mosquée de sa maison si besoin est, surtout si elle maîtrise la récitation du Coran et que ceux-ci ne le maîtrisent pas.

 

La huitième question:

 La participation de la femme aux activités sociales

et I’tikâf à la mosquée.

La participation de la femme aux activités de bienfaisance à la mosquée:

D’après Al-Rabi` bint al-Mu’awidh Ibn `Afrâ’, elle a dit: « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a envoyé lors du matin de `Achourâ’ dans les villages des Ansârs autour de la Médine : « Quiconque est en jeûne alors qu’il le termine ; quiconque ne jeûne pas qu’il s’abstienne de manger pour le reste de la journée.» Dorénavant, nous le jeûnions et nous apprenions à nos jeunes garçons de le faire si Allah le veut. Nous allions à la mosquée, et nous leur faisions des jouets avec des fils de laine. Si l’un d’eux pleurait de faim, nous lui donnions le jouet pour faire passer le temps jusqu’au moment de ‘Iftar[106]

`Aïcha a dit: Sa`d fut blessé le jour du Khandaq, (…) alors le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a planté une tente dans la mosquée pour le visiter de près[107]. Ibn Hajar a dit: Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a ordonné de mettre Sa`d dans la tente de Rufaidah dans sa mosquée. C’était une femme qui soignait les blessés. Il a dit: Mettez-le dans sa tente pour que je le surveille de près[108].

Jaber, qu’Allah l’agrée, a été témoin d’une situation qu’il rapporta: « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, s’appuyait contre un tronc de palmier en prononçant son sermon (khutbah) Une femme des Ansârs lui a dit: Ô Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, mon fils est charpentier, voulez-vous que je lui ordonne de vous faire un minbar? Il a dit : « Si. » Il prononça le sermon du vendredi suivant sur le minbar. Jaber a dit: Le tronc sur lequel il se tenait poussait des gémissements comme ceux d’un enfant. Le Prophète d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : “Cela pleure tant lui manque le Dhikr (le rappel d’Allah)[109].

La participation de la femme aux festivités dans la mosquée:

D’après `Aïcha, qu’Allah l’grée, elle a dit: « C’était le jour du `Eïd où les Soudans jouaient avec les boucliers et les baïonnettes, alors j’ai demandé au Prophète ou c’est lui qui me demanda : Tu désires regarder ? J’ai dit : Oui. Il m’a mis derrière lui, ma joue contre la sienne et il leur a dit: Continuez, fils des Arfidah (descendants des Éthiopiens) jusqu’à ce que je me suis ennuyée, il m’a dit: Cela suffit? J’ai répondu : Oui»[110].

La participation de la femme à la collecte de l’aumône dans la mosquée:

Jabir ibn Abdullah a dit: « J’ai assisté avec le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, à la prière du jour de al-`Eïd. Il a commencé par la prière avant le sermon, sans l’appel à la prière (Adhân ni Iqamah) puis il s’appuya contre Bilal pour se tenir debout. Il a exhorté à la piété et à l’obéissance d’Allah ; il commença par les hommes puis répéta le même sermon à l’endroit où les femmes étaient assises. Il ajouta : « Faites l’aumône, en fait la plupart d’entre vous seront le bois d’allumage en enfer. » Une femme, aux joues brunes, s’est levée d’entre elles et dit: Pourquoi, Ô Messager d’Allah? Il a répondu : «Parce que vous vous plaignez constamment et vous niez les faveurs de votre époux.» Il poursuivit: Alors, elles ont promptement réagi et ont fait la charité avec leurs bijoux, lançant leurs boucles d’oreilles et leurs bagues dans le vêtement de Bilal»[111].

La Femme participant au nettoyage de la mosquée:

D’après Abu Hurairah qu’Allah l’agrée, une femme noire est décédée, elle avait coutume d’épousseter la mosquée. Le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a demandé de ses nouvelles et apprit sa mort. Il a dit: Mais si vous me l’avez appris? Montrez-moi sa tombe, alors il y est venu et il a prié (112) ».

D’après ‘Anas ibn Malik : « Le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a vu un crachat dans le sens qibla dans la mosquée. Il s’est mis en colère à tel point que son visage est devenu rouge. Une femme des Ansârs l’a effrité et l’a purifié avec de l’aromate, alors le Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, a dit : « Comme c’est bien»[112].

La retraite rituelle (l’I’tikâf) de la femme dans la mosquée et sa visite pour la personne qui la pratique:

Le Tout-Puissant a dit : « (…) la Mosquée sacrée, que Nous avons établie pour les gens : aussi bien les résidents que ceux de passage. (…) ») al-Hajj, 25).

Le Tout-Puissant a dit : « Mais ne cohabitez pas avec elles pendant que vous êtes en retraite rituelle dans les mosquées. Voilà les lois d’Allah : ne vous en approchez donc pas (pour les transgresser).C’est ainsi que Dieu expose aux hommes Ses enseignements, afin qu’ils deviennent pieux. » (al-Baqarah, 187)

D’après ‘Aïcha qu’Allah l’agrée, le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, avait l’habitude de faire la retraite (I’tikaaf). C’est le fait de rester dans la mosquée pour se consacrer à l’adoration d’Allah pour un temps déterminé pendant les dix derniers jours du Ramadan. Il le faisait jusqu’à sa mort puis ses épouses ont suivi la même tradition après lui»[113].

D’après elle également, qu’Allah l’agrée, le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, avait cette habitude pendant les dix derniers jours du Ramadan alors je lui ai dressé une tente où il y est entré après avoir accompli la prière du matin. Hafsa a demandé à `Aisha de dresser une tente pour elle aussi et elle lui a donné la permission. Puis, Zainab bint Jahsh a vu leur tente et elle fit de même. Le lendemain, le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, les vit et il demanda : Qu’est-ce que c’est?” Quand on lui répondit, il a rétorqué : « Est- ce qu’elles pensent que c’est de la piété ? Et il laissa l’i’tikâf ce mois-là, puis il le fit dix jours de Shawwal[114].

Ali bin Al-Hussein, qu’Allah les agrée, m’a dit que Safia qu’Allah l’agrée, l’épouse du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, lui a rapporté qu’elle est venue chez le Messager d’Allah lui rendre visite dans sa retraite (I`tikâf) à la mosquée lors des dix derniers jours du Ramadan. Elle resta une heure à lui parler puis se leva pour rentrer chez elle. Le Prophète se leva avec elle pour l’accompagner et quand ils furent à la porte de la mosquée celle de ‘Um Salamah, deux hommes des Ansârs passèrent auprès d’eux et saluèrent le Prophète. Il leur dit : Attendez, en fait c’est Safia bint Huyay. Ils répondirent : Gloire et Pureté à Allah ![115]

Conclusion :

Il est permis à la femme d’assister dans la mosquée aux activités sociales, caritatives et divertissantes ainsi que de s’asseoir avec ses mahrams (les hommes de sa famille qui peuvent la voir sans hijab) pendant ces occasions. Il lui est permis également de faire une retraite (I`tikâf) dans la mosquée et de visiter celui qui la pratique.

Neuvième question

La femme donnant des leçons de sciences pour hommes et femmes dans la mosquée.

Du vivant du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, c’était lui qui prenait la charge d’instruire en prêchant dans sa mosquée ; après lui, ses compagnons ont assumé cette tâche. Bien qu’il n’y ait pas de preuves de l’enseignement systématique donné par les femmes dans la mosquée du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, on trouve fréquemment dans des centaines voire des milliers de narrations, des femmes rapportant le Hadith du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Et ce, des centaines de hadiths montrent les femmes et surtout les mères des croyants (les épouses du Prophète) comme une référence sans faille de la Sunna du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui. Les femmes musulmanes ont participé après l’ère du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, à l’apprentissage des érudits du Hadith à l’époque des compagnons et des Tabi`in (suivants) qui ont relaté la Sunna et la vie du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

 La chercheuse Amâl Qardash a écrit un ouvrage important intitulé: «Le rôle des femmes dans le service du hadith au cours des trois premiers siècles». Elle a nommé les femmes rapportant les Hadiths et ayant des disciples parmi les érudits comme : Fatima fille de l’Imam Malik bin ‘Anas, Khadija ‘Um Muhammad, Zainab bint Sulaiman Al Hashemyia, Zainab bint Sulaiman bin ‘Abi Ja`far Al-Mansour, ‘Umm Omar al-Thaqafiyah, ‘Asma bint ‘Asad bin Al Furat, Saliha bint Abu Na`im al-Fadl bin Dikin, Sammanah bint Hamdan Al-‘Anbari, Abdah bint Abdul-Rahman bin Musab. Elle a dénombré dans ce livre les femmes ayant participé comme l’un des maillons des chaînes de transmission des Imams du Hadith tels: Al-Bukhâry dans son chef d’œuvre AL-Jami` A-l Sahîh a rapporté des hadiths d’après trente et une Shabiyah (compagne femme) ; l’Imam Muslim d’après trente-six dans son Jami` Al-Sahih ; Abu Dawood d’après soixante-quinze dans son Sunan ; Al-Tirmidhi d’après quarante-six dans Al-Jami` al-Kabîr ; al-Nasa’i dans al-Mujtaba d’après environ soixante-cinq et Ibn Majah dans le Sunan d’après soixante. Elle a ensuite dit :

 « Rapporter d’après les femmes n’a diminué qu’après la mort des mères des croyants, qu’Allah les agrée toutes. Leur foyer était le lieu où se réunissaient les femmes. Cela s’est maintenu faiblement jusqu’à la mort tardive de certains compagnons comme Anas et Abdullah Ibn Abi Awfâ, Ibn Omar et autres[116].

Ce recul est allé de pair avec le déclin de la civilisation islamique. Il y a de nombreux détails qui illustrent la participation active de femmes célèbres de l’âge d’or de l’Islam dans les deux domaines de la science et de l’éducation.

En fin de compte, rien ne prouve que la femme ait été empêchée d’instruire d’autres femmes et même des hommes dans les différentes sciences dans la mosquée. L’Histoire atteste plutôt que l’activité scientifique des femmes s’épanouit avec la prospérité de la civilisation islamique elle-même.

Dixième question:

La femme prenant la charge de l’administration de la mosquée par nomination ou élection.

Il a été établi dans l’esprit de nombreux musulmans – dont certains sont malheureusement des érudits – que les femmes ne sont pas qualifiées pour gérer un État, une institution ou même pour conduire une voiture. Ce préjugé est dû à la confusion entre la spécificité de certaines législations distinguant entre les hommes et les femmes pour certaines considérations, et l’égalité originelle entre homme et femme dans l’exercice des responsabilités de la religion. En fait, beaucoup de femmes musulmanes sont qualifiées pour exercer la fonction de leadership plus efficacement que certains hommes. On en voit des exemples tous les jours tout particulièrement dans les pays à minorités musulmanes.

Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche a publié un article du professeur Ali Muhyiddin al-Qarradaghi sous le titre “La Femme, et la participation politique et démocratique ». Il a longuement discuté les opinions de ceux qui sont pour et ceux qui sont contre le leadership des femmes. Ensuite, il dit :

« Il est clair qu’il y a en Islam une distribution des rôles entre homme et femme sans prévaloir le rôle de l’un ou l’autre. La survie humaine dépend du rôle de la femme qui endure la grossesse, la procréation ainsi que tous les besoins de sa famille. Il y a là l’un des plus grands rôles dans le monde ici-bas ainsi que dans l’au-delà à savoir éduquer des hommes et des générations (…) Tout en gardant ce rôle, la femme a le droit de participer à la politique et d’occuper des postes de commande à l’exception du grand imamah (poste du Chef d’État) si les conditions suivantes sont remplies:

  *Assurer les conditions exigées par la charia pour éviter, autant que possible, la corruption, et les interdictions légales comme la Khalwa (le fait d’être seule avec un homme qui n’est pas de ses proches tels le père, le frère, l’oncle paternel et maternel, etc.).

* L’engagement de la femme aux postes de commandement, aux lois de la charia comme la morale et les valeurs islamiques, l’habillement, etc.

* Sa participation politique et son mandat général ne doivent pas être au détriment de ses enfants ou de sa famille. En d’autres termes, son rôle premier est de former les générations, d’élever les hommes et les héros, et d’assurer l’affection et le calme à son mari, à elle-même et à sa famille. Si sa participation politique s’oppose à ce rôle inhérent, elle n’est plus autorisée à le faire.

  En assurant ces conditions légales, je considère que la participation de la femme à la vie politique est permise, ainsi que son occupation des postes de commande appropriés à sa nature. Par exemple, certains postes éducatifs sont plus adéquats aux femmes[117].

Il faut dire que la question dont nous discutons ici concerne les femmes occupant des postes administratifs dans la mosquée ou dans les associations de la communauté musulmane à l’étranger. Ceux-là sont beaucoup plus faciles que les postes dans le domaine politique ou judiciaire pour lesquels Sheikh Qarradaghi a donné son consentement. Une opinion selon laquelle les minorités musulmanes peuvent bénéficier des potentialités des femmes musulmanes et de leurs contributions dans les activités caritatives ainsi que pour l’appel à l’Islam.

 Résumés de la recherche:

En guise de conclusion, nous parvenons à quelques déductions de grande importance:

* Les mosquées dans les pays à minorités musulmanes ont plus d’importance que les mosquées dans les pays à majorité musulmane car celles-ci sont au centre de la relation du musulman de ce pays avec l’islam. La femme musulmane dans ces pays des minorités est une ambassadrice et une représentante de l’islam.

* Empêcher les femmes des mosquées à l’époque actuelle porte préjudice à l’islam ; la femme musulmane doit fréquenter à nouveau la mosquée comme au temps du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

* Les textes Sacrés du Saint Coran et de la Sunna du Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, sont explicites ce sujet : inciter les hommes et les femmes à fréquenter les mosquées pour y faire y faire le dhikr (lecture du saint Coran ou des leçons de religions dans la mosquée). Les compagnes, qu’Allah les agrée toutes, faisaient partie intégrante de la mosquée ainsi que de ses activités rituelles, scientifiques et sociales.

*Le hadith de ‘Aisha, qu’Allah l’agrée : « Si le Messager d’Allah aurait assisté à ce que les femmes des époques suivantes font, il les aurait empêchées d’aller à la mosquée. » Il s’agit là de bloquer les prétextes en cas d’urgence sans vouloir annuler la permission déjà donnée.

* À notre époque, on doit faciliter les moyens en surmontant les obstacles qui empêchent les femmes de fréquenter la mosquée afin de réaliser ses objectifs.

*Dans le hadith d’Umm Humaid, le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, lui conseille de pratiquer la prière dans sa maison car c’est mieux. Il y a là le remède à un différend conjugal et ne peut être appliqué en général.

* Le hadith de Fatima, qu’Allah soit satisfait d’elle, que parmi les mérites de la femme « qu’un homme ne la voit pas » est faible du point de vue chaîne de transmission et signification.

* Il ne faut pas qu’une femme aille à la mosquée si cela pourrait nuire à ses responsabilités vis-à-vis de sa famille et de ses enfants. Dans ce contexte, le mari doit coopérer avec elle de manière à ne pas porter pas atteinte à ses devoirs à lui, en tant que priorités légitimes. Il fautdonc aborder la question avec modération et équilibre.

*L’architecture actuelle de la mosquée – exigeant l’isolement des femmes dans des pièces étroites, des portes marginales consacrées à leur entrée – donne une fausse impression aux non musulmans ainsi qu’aux jeunes, hommes et femmes, ayant grandi dans ces pays à savoir celle de l’islam marginalisant et isolant les femmes. Il faut impérativement rectifier cette idée fausse.

* L’architecture de la mosquée à l’époque du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, respectait une conception ouverte dans laquelle les hommes s’alignent en rangées derrière l’imam tandis que les femmes s’alignent en rangées commençant de l’arrière de la mosquée sans la moindre entrave.

* Les femmes à l’époque du Messager d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, assistaient à la prière dans la même salle où se tenait l’Imam. Cela leur permettait de recevoir ses instructions, de communiquer avec lui, et même de mémoriser le Coran à partir de sa récitation.

* Le hadith « Le meilleurs rang des hommes est le premier et le pire est le dernier tandis que le meilleur des rangs des femmes est le dernier et le pire d’entre est le premier » indique plutôt la préférence de se hâter à aller à la mosquée. Celui-ci est également lié à des circonstances particulières comme la pauvreté de certains des compagnons qui ne pouvaient porter de longs pagnes.

*Le passage de la femme devant l’homme lors de la prière n’interrompt pas sa prière, et il ne doit pas la refaire. Et le hadith rapporté contre ce sens est réfuté par la mère des croyants `Aicha qu’Allah l’agrée, d’après ce qu’elle a appris de la Sunna du Prophète d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

* Les enfants s’alignent dans des rangs à part, entre ceux des hommes et ceux des hommes, dans la mosquée. Il est permis aux bons récitants du Saint Coran d’entre eux de présider les prières comme imam. Un adulte peut guider un enfant pendant la prière, cela trouve son origine dans la Sunna du Prophète que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui.

*Les coutumes de certaines communautés musulmanes d’empêcher les enfants d’entrer dans les mosquées vont à l’encontre de la Sunna du Prophète d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui.

*A l’origine, les portes de la mosquée étaient communes pour les hommes et pour les femmes. Actuellement, il faut conserver cette même conception surtout dans les pays à minorités musulmanes. Le grand portail doit être l’accès aux femmes tant qu’aux hommes même s’il existe une porte consacrée seulement aux femmes.

* Il est interdit aux hommes de maltraiter les femmes ou de leur parler grossièrement au cas où certaines d’entre elles empruntent une porte consacrée aux hommes.

* D’après la hadiths rapportés, il y a une interaction naturelle entre hommes et femmes dans la mosquée du Prophète pour discuter certaines affaires religieuses et sociales. Les excès individuels qui se sont produits ont été résolus par des conseils et des rappels à la piété sans changer la conception de la mosquée elle-même.

* Donner l’occasion aux jeunes, hommes et femmes, de se fréquenter dans la mosquée pour permettre le mariage parmi les jeunes musulmans.

* Dans les hadiths rapportant certains faits dans la mosquée du Prophète d’Allah, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, on trouve une description de la beauté de la femme, de son visage éclairé ou noirâtre, des joues au teint bronzé, du nez aplati ou de la taille. Cela montre les limites de l’interaction entre hommes et femmes dans le cadre de la mosquée.

* Il n’y a pas d’habit spécial pour les femmes dans la prière ou dans la mosquée sauf le hijab islamique connu. La seule interdiction que le Prophète, que paix et bénédiction d’Allah soient sur lui, concerne le parfum qu’il faut éviter.

* Dans la jurisprudence islamique, la femme n’est pas obligée d’assister aux prières collectives dans la mosquée ni à la prière de Jum`ah comme c’est le cas pour les hommes. C’est bien (mandoub) que la femme aille pour y assister si ses conditions le lui permettent.

* La femme au cours de sa période de menstruations peut entrer dans la mosquée, y rester, réciter le Corann etc. sauf la prière.

*Il est permis à la femme d’être imam pour les autres femmes, et de faire l’appel à la prière (adhan) entre elles, ainsi que l’Iqamah pour la Salah. Et le hadith «La femme n’est pas imam » est faible.

* Il est défendu qu’une femme soit imam pour les hommes dans la mosquée, mais elle pourrait l’être dans la place consacrée à la prière dans sa maison (la mosquée de la maison) et sous certaines conditions.

*La femme peut assister aux activités sociales, caritatives et divertissantes dans la mosquée en présence de l’un de ses mahram.

* La femme musulmane a le droit de faire la retraite dans la mosquée (I`tikâf) et d’y rendre visite à celui qui la fait.

* La femme a le droit d’instruire les hommes et les femmes dans la mosquée.

* La femme peut prendre en charge l’administration de la mosquée par nomination ou par élection.

Louange à Allah, Seigneur de l’univers

* * *

Traduit par: Amira Mokhtar

Revisé par: Prof. Hedaya Machhour

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Références

* La recherche a été soumise à la 24e session du Conseil Européen de Fatwa et des recherches tenue à Istanbul le 16 août 2014, intitulée : « Les nouvelles interventions en matière de fiqh concernant la femme musulmane européenne ».

La recherche est publiée dans le Journal of the Contemporary Muslim. no. 157-158 (2015). pp. 305 – 358.

*** La traduction des versets : Le Saint Coran, traduction de Muhammad Hamidullah.

** Professeur à la Faculté des études islamiques de la fondation du Qatar.

[1] Tafsîr Ibn Katheer (6/67).

[2] (2) Mukhtâr al-Sihah (p. 119).

[3] Lisânul `arab (11/267).

[4] Al-Bukhari, Livre de la prière 2/195 et Muslim, Livre des mosquées, 2/118.

[5] Muslim Livre Al-Fitan, 8/205.

[6] Al-Bukhari, le Livre des ablutions 1/300, et Muslim, le Livre de la prière d’Eclipse, 3/32.

[7] Al-Bukhari Livre al-Maghazi 8/416 et Muslim, Livre al-Jihad 5/160.

[8] Fath Al-Bari 8/415.

[9] Al-Bukhari 1 / 95-96.

[10] Al-Bukhari 1/173.

[11] Muslim, Livre de l’éclipse, 3/32.

[12] Musnad Ahmad 44/511. Arnâ’out a déclaré: hadith Sahîh pour autres hadiths, c’est une faible chaîne de transmission pour l’ignorance de la servante de Asmaa – et il a cité dans certaines narrations : “le servant de Asma”, et Hafiz al-Muzaify a écrit dans sa bibliographie « Raffinage de la perfection ” parmi les hommes qui étaient vagues, et il a dit: Si ce n’est pas Abdullah bin Kisan, je ne sais pas qui d’autre. Le reste de la chaîne sont des confidents chez les deux Cheikhs.

[13] Al-Bukhari, Livre des Funérailles 3/479 jusqu’au mot “bruit”, puis Al-Nasâ’ey a raconté le reste 7/200 de la même chaîne comme Al-Bukhari.

[14] Al-Bukhari, Livre al-Maghazi 8/416 et Muslim, Livre al-Jihad 5/160.

[15] Muslim, Livre des Funérailles 3/63.

[16] Explication d’Al-Nawawi pour Muslim 7/36.

[17] Al-Bukhari, Livre de la Prière 2/6, Muslim, Livre de la Prière 1/327, Ibn Hibban 5/587, et dans al-Muwatta’ 1/197, et Sunan Al-Bayhaqi 3/199 il a ajouté: Qu’ils sortent s’ils quittent Tafilat (sans parfum), et Sahih Ibn Khuzaymah 3/90 également. Ibn Abi Shaybah 2/156 il a ajouté: Ils ne sortent que lorsqu’ils sont sans parfum, et al- Mu`jam al-Awsat est 1/178 et a ajouté la même phrase, Ma`rifat al Sunan wal Âthâr 4/237, et Sunan d’Al-Darimi avec une bonne chaîne de transmission, et Sunan d’Abou Dawud, et dans Musnad Ahmad sur l’autorité d’Abu Hurairah 15 / 405.

[18] Fath Al-Bari 3/34.

[19] « Al Mu`jam al-Kabîr » de Tabarani 12/326 et 12/399.

[20] Al-Tirmidhi 1/709, la narration de Bukhari 1/305: Autoriser les femmes à se rendre dans les mosquées le soir.

[21] Al Bukhari, Livre de la prière 1/173, Muslim, Livre de la prière 1/328, et autres.

[22] Sahih Ibn Hibban 2/815 et Ibn Hajar l’a mentionné dans Al-Fath 2/495, et il a dit: Il a été rédigé dans Musnad Ahmad et chez Al-Tabarani, et le isnad de Ahmad bon (hassan).

[23] Al-Mudawana al- Kubra 1/106.

[24] Fath al-Bari 2/495.

[25] Al-Muhalla 3/136.

[26] Al-Mughni 2/375.

[27] Émancipation des femmes à l’ère du Messager d’Allah 3/36.

[28] Al-Bayhaqi 3/190, Al-Tabarani dans Al-Mu`jam Al-Kabir 25/148, et Al-Ahâd et Al-Mathani 6/150.

[29] La chaîne de transmission est faible, al-Hafiz al-Iraqi a dit dans sa classification des hadiths du ‘Ihyâ’ `ulum el Din: rapporté par Al-Bazzar et Al-Daraqutni dans le chapitre des individus se rapportant au hadith ‘Ali avec une faible chaîne de transmission.

[30] Ibn Kathîr 2/54.

[31] Voir : At-Tabaqat al-Kubra d’Ibn Sa`ad 3/609, et wafâ’ al wafa fi akhbar dar el Mostafa 1 / 249-275.

[32] Al-Bukhari, Livre des Funérailles 3/479 au mot “bruit”, puis an-Nasa’y a raconté le reste 7/200 de la même chaîne citée par Al-Bukhari.

[33] Muslim, Livre Al-Fitan 8/205.

[34] Muslim, Livre du Vendredi 3/13.

[35] Al-Bukhari, Livre de l’appel à la prière 2/388 et Muslim, Livre de la prière 2/40.

[36] Muslim, Livre des vertus 4/1795.

[37] Al-Bukhari, Livre des vertus 7/442 et Muslim. Les Vertus des Compagnons 7/144.

[38] Muslim, Livre de l’éclipse 3/32.

[39] Muslim, Livre de la prière 2/32, et autres.

[40] Ahmad 44/511. Al-Arnâ’out a déclaré: C’est valide pour d’autres hadiths, et c’est une faible chaîne de transmission à cause de l’ignorance de tout ce qui concerne la servante. Certains des narrateurs ont désigné Mawla (serviteur) de ‘Asma, et al-Hafiz al-Muzaifi a rédigé sa biographie dans son “Tahdhib ar-rijal » parmi les hommes méconnus, et il a dit: S’il est autre que `Abdullah bin Kisan, alors je ne sais plus qui c’est et il a ajouté : le reste de la chaîne sont des hommes de confiance pour les deux Cheikhs.

[41] Sahih Ibn Khuzaymah 2/817, Mawarid al-zam’ân 1/136.

[42] Al-Bukhari 5/150.

[43] Muslim 1/365, Musnad Ahmad 2/299 et Chu`aib Al-Arna’out ont commenté: Sahîh ; ses hommes sont des hommes de confiance chez les deux Cheikhs, et une grande différence s’est produite quant à Qatadah, il va de même dans Sahih Ibn Hibban 6/151 et Sunan Ibn Majah 1/305, et d’autres.

[44] Sunan Al-Darqutni 2/196, et même signification dans Sunan Abi Dawood, Al-Muwatta’ et Musnad Ahmad.

[45] Musnad Ishaq bin Rahawyah 3/613, Sahih Ibn Hibban 6/111 et Sunan Abi Dawood 1/189. Al-Albani a commenté la narration d’Abu Dawud: Sahîh.

[46] Muslim 1/366.

[47] Livre al-‘Um (la Mère) 1/198.

[48] Al-Muwatta’, la narration de Muhammad ibn al-Hassan 2/58.

[49] Kachchâf al-qinâ’ ‘an Matn al-Iqnâ ` 1 / 330.

[50] Sunan Abi Dawood 2/44.

[51] Al-Bukhari, Livre de la prière 1/255.

[52] Ibn Hibban 6/221.

[53] Al-Bukhari 1/109.

[54] Al-Bukhari 1/143.

[55] Tel que rapporté par Anas, qu’Allah l’agrée, dans les annexes d’Abi Ya`li al-Mawsili 3/202, et de même dans al-Sahihain.

[56] Abu Dawud 1/348, Chapitre de : les femmes qui font la retraite dans les mosquées des hommes. Al-‘Arnaout a déclaré: Les hommes de la chaîne sont dignes de confiance, sauf qu’Abd al-Warith – qui est Ibn Said Al-`Anbari – a été contredit en attribuant ce hadith au Prophète. Il a été rapporté par Ismail Ibn `Aliya et Bakir bin Abdullah bin Al-Ashja` d’après Nafi` d’après ‘Ibn Omar, le classificateur a préféré s’arrêter à Omar. Il a été enregistré par Ibn Hazm dans “Al-Muhalla » 3/131 et Ibn Abd al-Barr dans « al-Tamhîd » 23/397 par al-Musannaf avec ce ‘Isnaad. Il a été inclus par al-Tabarani dans «Al-Awsat» (1018) par Abu Muammar, par lui. Al-Bukhari dans “Al-Târîkh al-Kabîr 1/60 d’après Omar, il a dit: « N’entrez pas dans les mosquées par la porte des femmes».

[57] Al-Bukhari, Livre des Funérailles 3/479 jusqu’au mot «bruit», puis an-Nasâ’y a raconté le reste 7/200 comme cité dans al- Bukhâry.

[58] Al-Muwatta’ 1/24, et Musnad Ahmad 2/103 et 5/490, où il est dit: et ils commencent tous, an-Nassâ’y dans de Livre de la Pureté 1/57 le chapitre des ablutions des hommes et des femmes ensemble, ibn Khuzaimah dans son Sahih 1/63.

[59] Musannaf, Ibn Abi Shaybah, 6/319.

[60] Jami` bayânul-`ilm wa fadlih 1/375.

[61] Al-Mu`jam al-Awsat 6/158. Et Al-Nasa’i l’a raconté d’après Anas 2/400.

[62] Muslim, Livre des Aïd 2/603.

[63] Al-Mu`jam al-Kabîr 24/173.

[64] al-Musannaf d’Ibn Abi Shaybah, 4/391.

[65] Al-Bukhari, Livre al-Maghazi 8/416; voir Fath al-Bari 8/415 et Muslim, Livre al-Jihad 5/160. Dans al-‘Adab al-Mufrad 385. Al-Albani a dit : Sahîh.

[66] Musnad al-Faruq par Ibn Katheer 2/573 et Ziyadat Abi Ya`li 2/335.

[67] Al-Mustadrak `ala as-Saheeheen d’Al-Hâkim 3/634.

[68] Al-Mustadrak `ala as-Sahihain 2/348; Al-Hakim a déclaré: C’est un hadith à bon isnad, mais les deux Cheikhs ne l’ont pas cité, Sahih Ibn Khuzaymah 2/818 et Sahih Ibn Hibban 2/126.

[69] Charh ma`ânî al- âthâr 3/14, Al-Mustadrak 2/179; Al-Hakim en a dit: c’est un hadith Sahîh selon les conditions des deux Cheikhs, mais ils ne l’ont pas cité. Il se trouve aussi dans d’autres.

[70] Al-Bukhari 2/132 et 8/51.

[71] Al-Bukhari, Livre de la prière 2/195 et Muslim, Livre des mosquées 2/118.

[72] Muslim, Livre de la prière 2/31.

[73] Sahih Ibn Khuzaymah 3/90.

[74] Muslim 1/328, le Musnad extrait sur Sahih Muslim par Abu Na`îm 2/65, et d’autres.

[75] Abu Dawood 4/79.

[76] Al-Mustadrak `ala Al-Saheeheen d’al-Hâkim, il a dit: la chaîne de transmission est correcte mais ils ne l’ont pas cité 2/430, Al-Hâkim a dit: C’est un hadith qu’Al-San’âni a cité dans l’interprétation du verset suivant : (Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté. C’est plus pur pour eux. Dieu est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce qu’ils font. » (An-Nûr, 30)

[77] Al-Mustadrak `ala-Sahihain, al-Hâkim a dit: C’est correct selon les conditions des deux Cheikhs, et il n’y était pas inclus 1/425, Abu Dawood 2/295, et Musannaf Ibn Abi Shaybah 2/109, et Musnad al-Shafi’i 1/61.

[78] Subul as-Salâm 2/58.

[79] Al-Bukhari 1/131.

[80] Al-Bukhari 3/66.

[81] Al-Qaradawi. Fiqh de la pureté 100.

[82] Al-Bukhari, al-Târîkh Al-Kabîr 1/786, Al-Bayhaqi 2/620 et Abu Dawood 1/60.

[83] Al-Bukhari 1 / 95-96.

[84] Al-Muhalla par Ibn Hazm 1 / 776-777.

[85] Al-Mughni, 3/37.

[86] Al-Mustadrak `Ala-Sahihain d’al-Hâkim 1/320.

[87] Sunan Ibn Majah 2/183 et 1/343.

[88] Musannaf par Ibn Abi Shaybah 1/430.

[89] Al-Muwatta’ – La narration de Muhammad ibn al-Hasan 2/58, qui a été racontée par Al-Tabarani et Abdul-Razzaq.

[90] Musannaf Abdul-Razzaq 3/149.

[91] Sahih Ibn Khuzaymah 3/99.

[92] Sunan Abi Dawood 1/442.

[93] Nasbu ar-Rayah 2/32.

[94] Ibn-Khuzaymah 2/810.

[95] Al-Badr Al-Munir 4/392.

[96] Subul as-Sâlâm 2/35.

[97] Naqd Marâtib al-‘Ijmâ` 290.

[98] Al-Qawâ`id al-Nouranyah 1/120.

[99] Al-Mughny fi Fiqh al-‘Imam Ahmad bin Hanbal Al-Shaibani 2/34.

[100] (101) Sunan Abi Dawood 1/342.

[101] Muslim, Livre du mariage 4/148.

[102] Al-Mustadrak `ala-Sahihain 1/320, et dans Al-Bayhaqi 1/600, Ibn Abi Shaybah 1/202, et d’autres.

[103] Nasb ar-Râyah 2/32.

[104] Al-Mughni 1/467.

[105] Al-Bukhari 3/37, la narration dans Muslim 2/798.

[106] Al-Bukhari, Livre al-Maghazi 8/416 et Muslim, Livre al-Jihad 5/160.

[107] Fath al-Bari, 8/415.

[108] Musannaf par Ibn Abi Shaybah 6/319.

[109] Al-Bukhari, Livre de al-‘Aïd 3/95 et Muslim, Livre de al-‘Aïd 3/22.

[110] Muslim, Livre de l’Aïd 2/603.

[111] Al-Bukhari, Livre al-Maghazi 8/416 et Muslim, Livre al-Jihad 5/160.

[112] Sunan Al-Nisâ’y 2/52 Al-Albani a dit: Sahîh.

[113] Al-Bukhari, Livre de jeûne 5/177.

[114] Al-Bukhari, Chapitre sur les femmes et l’I’tikaaf, 3 / 48-49.

[115] Al-Bukhari (3/49) dans le chapitre sur ce qui est arrivé dans les maisons des épouses du Prophète, Muslim, 4/1712, al-Bayhaqi dans ses grandes Sunan dans la section intitulée : La femme rend visite à son mari dans sa retraite 4/529, et Ibn Khuzaymah dans son Sahih dans la section intitulée: la permission de visite d’une femme à son mari pendant l’i’tikaaf 3/349, et Ibn Hibban dans son Sahih dans une section intitulée: Il est permis à une femme de rendre visite à son mari pendant sa retraite la nuit, et d’autres.

[116] Le rôle de la femme au service du Hadith au cours des trois premiers siècles, Amal Qardash Bint Al-Hussain. Le livre de la nation. Centre de recherche et d’études du ministère des Awqaf et des Affaires islamiques, l’État de Qatar.

[117] La femme, et sa participation politique et démocratique: une étude du Fiqh et de la pensée politique islamique, Ali Al-Qarra Daghi, www.e-cfr.org/ar/bo/22.d

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